Comment croire

Encore un jour « sans » qui commence.  Bien sûr, j’essaye de rester confiante, de nous faire confiance, d’avoir confiance, bref, confiance à toutes les sauces, mais c’est plus un concept qu’une attitude effective.

Car comment croire ? Peut-on se fier à un bon taux qui date d’une semaine ? Je sais, pour l’avoir vécu, qu’il peut très bien ne pas vivre mon petit trésor, et rester là sans rien dire. Alors comment croire quand on a peur de revivre un tel drame ? Comment croire quand aucun symptôme ne vient vous réconforter ?

J’ai l’impression que c’est de pire en pire. Je sens plus rien. Alors comment croire encore ? Bien sûr vous allez me dire que c’est pas obligé les symptômes, mais même pas un petit ?

Je n’ai plus de coup de pompe, je suis juste nerveuse et épuisée de mes mauvaises nuits.

Je n’ai pas d’envie fréquente d’uriner, je n’ai pas seins qui gonflent ni douloureux (à la limite une petite sensation).

je n’ai pas de saute d’humeur (enfin sauf aujourd’hui, ça va pas)

je n’ai plus de maux de tête, je ne ressens plus la même lourdeur dans le bas ventre (ça c’est le pire)

je suis moins nauséeuse et barbouillée même si j’ai des fringales à 11h et 16h,

J’ai beau chercher, à part mon stress et limite ma déprime, rien, il ne se passe rien.

C’est peut-être stupide mais ça aide franchement pas.

En pma, on a besoin de se raccrocher à des signes, l’attente de la pds, en est le symbôle par excellence, mais après, quand on a la chance immense de monter dans le train, on n’est pas rassurée pour autant. Je n’arrive pas à m’extasier sur mon bonheur et sur ma chance, c’est une honte , je sais, mais je sais trop combien c’est fragile, que c’est loin d’être un acquis, je suis obligée de rester méfiante, je n’arrive pas à faire autrement, comme je suis d’un naturel anxieux et que je manque de confiance en moi, et bien j’ai une tendance à croire que ça ne sera pas pour moi, que je vais forcément prendre une claque, qu’elle m’attend au tournant, que je suis incapable de fabriquer un enfant.

A certains (trop rares) moments, je m’émerveille déjà que nous ayons eu un résultat positif, parce que c’est fou et merveilleux, un truc de dingue que j’ai encore du mal à croire. Je me dis que c’est pas possible, que c’est trop beau, qu’on va le payer, que c’est juste une épreuve de plus qu’on va affronter, qu’on nous fait toucher le bonheur mais que ça ne sera pas pour nous et qu’on est trop vieux et que ce Dieu auquel je crois (mon dieu à moi) va me dire que c’est pas raisonnable.

Et quand je me vois dans ce triste état de doute, de peur, d’angoisse, je me dis aussi que je ne suis pas assez forte et courageuse pour élever un enfant, que si je ne prends pas plus confiance, je ne serai pas à la hauteur.

Bref, je m’inflige toutes les tortures de l’esprit. Trop de choses remontent à la surface, la douleur d’il y a trois ans, et peut-être des choses liées à mon enfance, mon histoire, des vieilles idées du genre  » je suis nulle, je suis capable de rien, j’ai rien fait de ma vie »… ça aussi ça remonte.

Incroyable, oui, et désolant, car si j’étais normalement constituée, je devrais être super fière et heureuse que notre petit trésor se soit accroché, ce serait plus sain et naturel non ?

Mais là, faute de symptômes, il faut que je me fasse confiance dans le vague, il faut vraiment que j’apprenne ça car si l’écho s’avère positive, il faudra continuer le chemin et apprendre à évacuer ces peurs. Je crois que j’irai alors peut-être voir un psy, quelques séances pour me redonner confiance et balourder mes vieilles valises, à défaut de changer complètement, accepter au moins mes fragilités.

Je sais que ce post est une gifle pour toutes celles qui ne rêvent que de partir, de revenir avec un +++, je sais que Lili ne part pas cette fois pour ce même voyage, que Fabienne guettera ses propres signes, que Lolo s’emplit elle aussi d’espoir et de peur… Je sais ma chance immense, et c’est parce qu’elle est immense que j’ai peur de la perdre. Je sais que ça arrive et je sais que ça arrive tout au long du chemin. Chez Maia, une femme a annoncé qu’à 32 SA le coeur de sa petite fille a cessé de battre… A la télé, on parlait de la mort subite du nourrisson, la cruauté est là, partout, tout au long de la vie. La beauté aussi. Le secret c’est de voir la beauté, de sourire au jour présent. Je sais que la clé est là, mais c’est un travail sur moi, bien compliqué, que de faire mienne cette clé.

Voilà que mes larmes se calment. Ecrire ici me console un peu. Désolée. c’est mon déversoir. Et je ne peux pas écrire que des choses un peu superficielles comme samedi. C’est une partie de moi à un moment qui va bien, mais l’instant d’après je suis mal, j’écris encore, je ne publie pas, et après je reprends confiance puis je retombe et j’écris encore, et parfois, il faut que je publie, parce que je crois que j’en ai un peu besoin, besoin d’être entendue, de croire qu’on me comprend, que je ne suis pas seule.

Je rêve de cet enfant et j’ai si peur. C’est bien triste.

Lecture pour reprofiteuses

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Aux filles en partance pour Brno, ou déjà parties et sensibles à cette ville, un livre découvert sur France Inter (merci mpm pour ton texto),

Le Palais de Verre de Simon Mawer

ça se passe à Brno, c’est une histoire d’amour, une histoire de la Tchécoslovaquie, une histoire d’architecture, la maison est un personnage en soi et existe vraiment apparemment : la Villa Tugendhat (lire sur wikipedia)

pour réécouter l’émission :

http://www.franceinter.fr/emission-livre-en-poche-livres-en-poche-2

 

Personnellement, quoi qu’il arrive, je crois que j’ai un bout de cœur là-bas et resterai attachée à ce lieu.

 

Semaine d’Espeur

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La semaine s’achève finalement mieux qu’elle n’avait commencé. Après un we tendu, lundi et mardi, j’étais encore au bord du burn-out émotionnel.  Vraiment mal. A tel point que mpm me recommande de refaire une pds. Qui s’avérera plutôt bonne j’imagine, puisqu’à 5 chiffres. Effet bénéfique même si le stress reviendra jeudi, pour un court temps heureusement.

Je finis donc la semaine plus sereine, après des hauts et des bas, mais pour le moment, j’ai arrêté de me faire du mouron, car je sais que c’est inutile et que si malheur il doit y avoir, je n’y peux rien. En revanche, je peux essayer de vivre bien.

Je reprends donc pied. Sans me projeter bien loin, en restant ancrée dans le présent. Un présent un peu étrange tout de même. Mon ventre se signale à moi par moments, à d’autres il est d’un calme plat. Je me sens souvent nauséeuse et mon estomac semble crier famine en permanence, alors que je n’ai guère faim. Ce sera à peu près tout côté symptômes, car mes nuits sont meilleures, sans être parfaites, et les maux de tête s’estompent. Les coups de pompe, oui, toujours, mais j’étais tellement tendue..

A part ça, j’ai essayé de savoir à combien de jours de grossesse je suis, sans résultat. Je ne sais pas si je dois compter depuis la fécondation (27 sept) ou le transfert (1er oct) mais je suis en gros à un petit mois… et donc loin d’être tirée d’affaire.  Mais là encore, oust, j’ai évacué toutes ces mauvaises pensées.

Je cesse de me focaliser sur cet état. Pour ne pas rêver encore, ne rien imaginer dans un sens ni dans l’autre. N’empêche, j’avoue que je lui cause quand même un peu à mon petit trésor, je me dis aussi que son petit coeur bat peut-être ou bientôt… En attendant c’est celui de mon chat sur mes genoux que j’entends, comme c’est doux et apaisant.

Ce week-end mon petit mari est parti pour une semaine dans notre maison de campagne où des travaux sont prévus. Il appréhendait un peu mais il a vu que j’étais sereine et il est parti tranquille. Je le suis aussi. Faudra juste que je me pique moi-même…

Du coup, je suis allée au cinéma (pas fait ça depuis un an au moins ) voir le dernier Jeunet. Je me suis retrouvée tout bête et bien seule dans une salle bourrée d’enfants, dont de très petits à ma grande surprise. Et une femme enceinte à ma droite (elle, ça se voyait). On ne guérit pas comme ça, on dirait.

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Je suis sortie sous un déluge et rentrée au plus vite, après un arrêt kouglof chez notre super pâtissier. Que je prends avec l’une des infusions sans théine Lov que je viens aussi d’acheter (boîte sélection pour les découvrir) : roïbos amande (excellent).

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et puis chouette, dans ma boîte aux lettres je découvre : Le magazine Lire et la laine + le catalogue commandés chez Bergère de France.

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De quoi m’occuper et me détendre (si mes voisins n’écoutaient pas à fond, « J’ai encore rêvé d’elle », je rêêêêveeee ausssiiiiiii en chantant à tue-tête). Des petits plaisirs en ce samedi.

Voilà petit récap d’une semaine entre deux eaux, eaux calmes après eaux agitées, mais il ne faudra pas trop m’en compter le we prochain, j’approcherai vraiment de l’écho et là, je ne gage de rien…

Car

tout commence,

tout peut finir,

tout se joue,

rien n’est joué…

Patience patience
que l’on soit enceinte ou pas

Patience patience
encore et toujours

foi, courage, persévérance

Espoir
Et
Peur

Espeur, nom de mon cru qui résume bien le moment, et la pma en général…

Si tout va bien, le livre ci-dessus sera mon autre lecture dans quelques temps… Mais là encore, je refoule l’idée….

Une semaine après

dans le train

Je ne voulais plus écrire ici dans l’immédiat, par égard pour toutes celles qui attendent et souffrent et pourraient trouver déplacées mes humeurs. Mais ce blog est mon espace et il me manquait. Chacune pourra passer son chemin…

Voilà une semaine que je suis montée dans le train.

En ce tout début de voyage, il m’est bien difficile de prendre place, de m’installer confortablement. Je préfère rester dans le couloir, à regarder par la fenêtre, à lorgner quand même du côté des compartiments, en espérant une place assise. Pour l’heure, mieux vaut rester debout en attendant le prochain arrêt « écho », s’il fallait descendre…

En attendant il faut vivre avec ce drôle d’état. Cette chance immense.

Après cette semaine riche en émotions, avec un deuxième taux qui a bien monté, je suis donc toujours officiellement enceinte. Mes journées sont en suspens, entre bouffées de bonheur et réserve obligée. Mes nuits restent encore trop cahotiques : je suis passée des insomnies longue durée (à partir de 4h) aux réveils fréquents, et toujours ces grosses chaleurs…

Mon corps lui, me parle peu. Pourtant, cette nuit, il s’est passé quelque chose d’assez inquiétant.

J’ai été réveillée en sursaut par une forte crampe ? spasme ? dans le bas ventre. Un truc très fort, plus violent que douloureux, et bizarrement accompagné d’une sensation de jouissance, oui ça paraît curieux. Nan, c’était flippant en fait. Quand j’ai repris mon souffle, j’ai bien sûr pensé au pire, et je suis allée aux toilettes. Rien. Je me suis recouchée, pas vraiment rassurée (je n’ai jamais saigné quand mon petit de 2010 a cessé de grandir), mais pas non plus affolée outre mesure. Je me suis simplement dit que si j’apprends le 5 que c’est fini, c’est peut-être que c’est cette nuit que ça s’est fini. Point. Ce petit signe me rappelle quand même d’être prudente…

Du coup, je crois que  j’ai bien fait de ne pas acheter ce livre qui m’attirait tant. C’est un peu tôt. Je nous l’offrirai après l’écho, si tout va bien.

Quant à mpm, passées sa joie et ses premières minutes de prévenance, « attention, maintenant tu es enceinte », il est vite revenu à ses habitudes. Il m’a laissée seule préparer un dîner improvisé pour son meilleur ami, et moi, exténuée à 10h, je les ai plantés.

Hier, il n’a pas fait très fort non plus, il m’a annoncé son programme où je n’avais aucune place (ce n’est pas dans ses habitudes) : course à pied, match de rugby à la tv, courses alimentaires, et re-rugby le soir… J’ai été étonnée mais je l’ai laissé faire, je n’avais envie de rien en particulier de toute manière. J’ai erré un peu à la Fnac, rayon grossesse/maternité où je me suis détournée d’un couple qui me gonflait : lui, le nez plongé dans un livre et elle lui sussurrant : « ça t’inquiète ? ça te fait quoi ? je te les achète tous si tu veux… » Pathétique…

Sachant que mon samedi soir serait voué à la solitude, j’ai loué L’écume des jours avec Duris et Tautou, maté mon film dans mon lit. Un peu énervée quand même, sans trop de raison,  je lui en ai voulu peut-être de me laisser comme une vieille chaussette. Et quand il m’a piqué et qu’il m’a fait mal (ça douille le Lovenox), j’en ai pleuré… C’était pas une bonne journée, j’étais sur les nerfs.

Entre la journée d’hier, le truc bizarre cette nuit, ce dimanche matin n’est guère plus encourageant, d’autant qu’il pleut des cordes (je voulais m’aérer et marcher un peu), mpm est énervé « il est où mon journal », peu à mon écoute et le chat n’arrête pas de le chercher… Dommage, car la semaine prochaine, mon homme part dix jours, j’avais envie/besoin de sa présence. ça me donne envie de pleurer, chui con…

Quand on monte dans le train, on croit que ça va être le rêve, mais quand on est passé par la pma, il n’y a plus beaucoup de place pour le rêve. Il ne reste que la patience et l’attente. Attendre avant les fiv, attendre le résultat, et attendre encore après, qu’il soit positif ou pas. ça nous use bien quand même.

Mais j’arrête là ma complainte (mais si on peut plus se plaindre sur son propre blog, où va-t-on, tant pis si je me ridiculise ou agace), je pense à la semaine qui vient, à ma deuxième séance d’acupuncture demain (je déteste mais c’est pour notre bien), au départ de Fabi et à ce nouvel espoir, et puis à… bah, pas grand chose en fait, mais on ne peut pas tout le temps avoir une vie trépidante, et qu’elle soit calme, ça m’ira, pour moi, pour mon petit qui je l’espère grandit.

 

Enceinte

Alors, tout d’abord, je dois avouer qu’hier, j’ai fini par le faire ce test pipi. Je ne voulais pas, mais dimanche, après un samedi calme, j’étais seule, je n’arrêtais pas de pleurer, alors quitte à pleurer, je pouvais le faire pour une vraie raison.

D’une main tremblante, le coeur battant, les oreilles bourdonnantes, j’ai trempé la languette dans mon verre à pied. Le petit signe des trois minutes d’attente s’est mis à clignoter. J’ai attendu. Et le mot est apparu « enceinte », puis « enceinte 2-3 ».
J’ai continué de trembler, j’ai arrêté de pleurer, j’ai téléphoné à mon mari, je n’ai pas vraiment réalisé, je n’ai pas sauté au plafond, mais la journée s’est faite plus douce, je n’ai pas eu le courage de poster, par superstition je crois.

Alors, ce matin, malgré ce début de bonne nouvelle, je suis allée tout aussi tremblante faire ma pds, demandant à mon amie, si l’utro avait pu fausser le test.
Vers 11 heures, nous avons lu le résultat sur le net, enfin, mpm l’a lu avant moi ! Le tricheur trépignait de savoir et, à son sourire jusqu’aux oreilles, j’ai compris.

Alors ? Ben, 2383.
Pas trois, mais 4 chiffres, et avec deux trois dedans, deux trois pour passer de deux à trois. Mon Dieu comme ça me va. Merci St Gérard.

Alors, notre petit trésor est là, pour de vrai. J’ai du mal à le croire. Aujourd’hui, je suis enceinte et l’écrire c’est un peu comme risquer de ne plus l’être, c’est tellement fragile, tellement beau, tellement tout, que je ne l’écrirai pas souvent et ne le dirai qu’au compte-goutte et le plus tard possible. Car ça ne peut durer que deux jours, deux semaines, deux mois, au mieux 9 mois, je ne sais pas. Mais aujourd’hui, je le suis.

Alors je ne veux pas m’emballer, je rejette de monsieur les « maminka » qui pleuvent, je le sens dans une grande effervescence, mais moi, je veux me tempérer. Rien n’est loin d’être gagné. tout peut arriver, le meilleur comme le pire. ça ne m’empêche pas d’être heureuse hein, qu’on ne se méprenne pas.

Pour le moment, je vais suivre gentiment les prescriptions de gyné D transmis par la secrétaire :
– Pas d’autre pds à faire, (je n’ai pas eu le réflexe de demander pourquoi),
– continuer le traitement à l’identique,
– et faire une écho fixée au 5 novembre (le lendemain de mon irm de contrôle au cerveau…).

Alors, voilà, vous savez tout. Le voyage n’est pas terminé, il ne fait que commencer (enfin j’espère !). J’ai maintenant envie de me détourner de mon nombril (ou y retourner, mais de manière plus intime), pour me consacrer ici à toutes celles qui partiront bientôt, espérer que le bonheur leur soit au rendez-vous. Je pense à belle Bretagne qui attend, à Fabi bien sûr et à son proche départ, à lili et Lily, à Lolo qui suivra de près, puis Lulu, mais je pense surtout à celles qui n’ont pas eu cette chance récemment. La chance tourne et le bonheur d’un jour peut virer au cauchemar, tout comme on peut trouver une issue dans l’impasse. Tout est possible, rien n’est acquis.
Mais tant qu’on a la foi, la force, l’envie, le besoin…. On vit.

Merci de tout coeur à toutes

En attendant lundi…

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Je n’ai pas envie d’entrevoir la lumière, je resterais bien dans le brouillard. D’ailleurs, j’ai décidé de laisser tomber le test pipi ce week-end pour rester encore un peu dans l’inconnu. Finalement on n’y est pas si mal.

 Lundi toute la lumière sera faite. 

Imaginez un positif, un beau nombre à trois chiffres, imaginez un sourire, la joie qui irradie, puis les questions qui affluent, la mesure de nouveau, les pds et autant de prières…

Imaginez un négatif, un sale chiffre proche de 0, imaginez les larmes, le cœur qui se serre, puis les questions qui affluent, les « pourquoi » et le doute qui s’ancre de nouveau au mot « jamais ».

Alors en attendant lundi, seule ce week-end, je me complais dans une certaine neutralité, où tout est encore possible, un doux brouillard qui, selon les heures, me fait pleurer, me fait croire, ou m’indiffère.

Un semblant de symptôme par-ci (que je dois me fabriquer de toute pièce), un autre par-là et voilà que je suis tour à tour persuadée du succès puis certaine de l’échec.

Quelles heures passionnantes…  (c’est ironique bien sûr).

Une chose est sûre, je n’ai pas hâte d’être lundi…

 

Attendre un enfant

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Nouvelle journée d’attente. Physiquement semblable aux précédentes. Pas de signe tangible pour espérer un positif, ni de signe tangible indiquant le contraire. Bref, je suis dans l’inconnu total.

Mentalement, depuis lundi, c’est plus mouvementé, comme mes nuits. Je ne pense désormais qu’à ça, je suis dans le bain… Très pessimiste en début de semaine, je me surprends à y croire un peu, ce qui me désespère, car je n’ai aucun argument pour aller dans ce sens, mais c’est plus fort que moi. Dans un sens comme dans un autre, on ne contrôle rien. J’ai beaucoup écrit sur mon blog depuis lundi, je n’ai rien publié. Ça me semblait trop stérile et j’avais surtout besoin de me soulager.

La pds étant prévu le 13, mais un dimanche, je la ferai lundi 14. A la place de la pds du 13, j’avais prévu 1 test pipi, mais comme mpm ne sera pas là, je le ferai avec lui samedi matin. L’idée m’effraie vraiment. Ce moment fatidique. Après, je gérerai seule, ça ne me dérange pas car je préférerai être seule si c’est négatif et je serai heureuse (un peu) si c’est positif.

J’ai envoyé à Fabi une photo (ci-dessus) du test que j’ai acheté pour renforcer celui de Reprofit que l’on dit peu fiable. Je voulais savoir si c’était bien comme marque et je lui ai dit :
« ça me fait trop bizarre d’avoir ce truc dans mon sac. »
Et vous savez ce qu’elle me répond ma douce amie :
« tu l’as dans ton utérus. C’est aussi un p’tit sac à bébé ».
Si c’est pas joli ça ! Ben oui, j’ai peut-être un truc dans mon sac … ça vaut bien un mot de mpm non ?

Mais je finis quand même sur le mot de mon mari, car il le vaut bien, quand, ce matin, après lui avoir dit d’une voix encore endormie « j’en peux plus d’attendre », il me répondit :

« Soit patiente. On dit bien « attendre un enfant », c’est pas pour rien »

C’est une pmette qui a dû inventer cette expression, tellement vraie à tellement plus d’un titre…
J’attends un bébé, comme nous toutes. Mais suis-je enceinte…

Drôle d’impression (post fiv do)

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Pourtant c’était bien moi là-bas…

Voilà trois jours à peine que nous sommmes rentrés et, bizarrement, j’ai la curieuse impression de n’être jamais partie, ou plutôt d’avoir vécu un rêve. Il y a un « avant » ce voyage et un « après », mais je ne me sens pas différente. Je ne me sens pas illuminée par la grâce, je reste juste moi, neutre, ni inquiète, ni enthousiaste. Finalement il n’y a que vendredi que j’étais « normale » (post précédent).

J’ai du mal à me mettre dans la peau d’une femme qui a fait une fiv et qui attend.

Je n’arrive pas à réaliser. Comme si ce n’était pas moi. Impossible de me dire que dans une semaine je vais faire un test de grossesse, d’autant que je ne sens strictement rien dans mon corps et que je n’y crois pas une minute. Je sais d’expérience qu’y croire ou pas, ne change rien, donc ce n’est pas un jeu avec moi-même, du genre,  » je contrebalance la donne en pensant négatif pour qu’un positif arrive » ou encore « si je pense négatif, je me fais moins mal si ça l’est », etc. Tout ça, c’est du pipeau et on le sait.


Je n’y crois pas parce que je n’arrive pas à intégrer que nous l’avons fait.

J’aimerais bien ressentir ce que l’on doit ressentir, parce que je me trouve bizarrement anormale, illégitime. Je ne me comprends pas. C’est très déroutant. Est-ce un voile de protection que mon subconscient m’envoie pour m’aider à vivre les jours à venir ? Occulter la réalité pour ne pas l’affronter ? Je ne sais pas. C’est fou non ?

Pourtant (heureusement ?), il y a un signe qui me dit que mon corps et que mon subconscient savent : c’est cette tension/oppression que je sens en moi au réveil. A ce signe-là, je me dis qu’il se joue des choses qui me dépassent. Je prie alors pour que mon corps accepte cet embryon, que tout mon être l’accepte. A cause de ce signe, je doute de moi (ce « moi » que je ne contrôle pas, avec toutes ces casseroles de l’enfance qui se trimballent dans les méandres de mon cerveau) et à cette seconde-là, j’y suis dans cette post-fiv. Puis la vie reprend ses droits et je me plonge dans mon quotidien.

Alors quand Lulu m’a demandé si j’avais des nouvelles de la clinique (pour les congelés, j’imagine), je lui ai répondu que oui, 1 seul, et là encore, ma déception d’en avoir « un seul » est vite passée, un seul c’est beaucoup en fait, et c’est encore si loin.

Dans quelles sphère suis-je ? Que se passe-t-il ?

Le retour (atterrir)

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 » Pourquoi nous sentons-nous aussi bien lorsque nous vivons des événements magiques comme le mariage d’un enfant, la guérison d’un proche ou une belle journée printanière délicieusement ensoleillée ? (…) Car même lorsqu’on vit des expériences intensément merveilleuses, les vieilles pensées stressantes et culpabilisantes continuent de nous venir à l’esprit… La différence est qu’on les ignore complètement. Dès qu’elles s’approchent de nous, on leur dit : «Non merci, je n’ai pas de temps pour toi… Je suis occupé à savourer ce que je vis. C’est trop spécial, trop précieux, trop important!»  Ainsi, on pourrait dire que la clé est de ne vivre que des expériences incroyablement spéciales, précieuses et importantes. (…) Oui, on peut établir que chaque moment est spécial, précieux, important… puis s’aimer assez pour dire «non merci» à la lourdeur dès maintenant.  »

Cet extrait de Matin magique (une newsletter qui distille petites phrases, pensées et autres réflexions positives) m’a un peu remonté le moral ce matin, j’ai trouvé ça vrai, juste et bien venu en ce matin gris et lourd : où sont mes soleil et vent frais de Tchéquie ?!

Car le retour sur Paris est un peu de tout cela. Je suis redescendue de mon petit nuage, de ma bulle de bonheur et d’espoir. Il faut dire que le retour avait de quoi nous remettre les pieds sur terre ! Quasi 12 heures de voyage porte à porte !!!! Quitter Nika / Brno à 10h30, arriver à 22 heures à la maison… Certes, parce que notre avion décollait tard et qu’il nous a falllu attendre. N’empêche, entre les transfert, l’avion et le train, il faut bien compter 8/9 heures (note à l’attention de Lolo et Lulu).

Et donc 1re grande question : Est-ce qu’il aura tenu le choc ? (et pourtant sans porter de valises, la preuve ci-dessous)
Couchée à 22h30 avec mal à l’estomac, nausée, tremblements. La fatigue bien sûr. Mauvaise nuit. Mais ce matin, tout allait plutôt bien. Si ce n’est que j’avais la sensation que ça travaillait du genre : « règles qui se préparent ». Travail d’imagination peut-être – ou pas… ça commence… A peine arrrivée, je mouline du ciboulot..
2e grande question : Est-ce qu’il est toujours là  ? 
Ce matin, beaucoup de travail, bien occupée mais aussi bien occupée aux toilettes… Je ne vais pas faire dans la dentelle, mais je suis hyper hyper constipée… Et Il m’a fallu pousser pousser pousser. Puis j’ai pensé :
3e grande question : Est-ce qu’il est parti mon petit ? Car ça c’est un sacré effort quand même…  Et comme Marcel a dit qu’il s’accrochait dans les trois jours, le pire est possible
Là mon moral est tombé d’un cran, surtout quand mpm m’a dit « ah mais ça c’est un plus gros effort que porter des valises »…  J’en ai pleuré, catastrophée et me suis tournée vers Fabi ma spécialiste (pas de la constipation, de la pma 😉 )))
Tout ça pour dire que :
rester zen
continuer une vie normale
rester confiante
garder espoir
y croire
penser positif
C’est bien beau, mais ça va être dur, très dur…
A cette heure, bien redescendue de mon petit nuage, je commence à me demander comment ce serait possible que ça marche. J’ai du mal à y croire. Pourtant, je veux me rappeler que « CHAQUE MOMENT EST PRÉCIEUX » et que la seule réalité est LE MOMENT PRÉSENT.
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Mais quand même : c’est quand qu’on pose les valises et qu’on devient parents ?…
* Maminka : maman en tchèque (papa, c’est papa)

J 6 Brno (le dernier jour)

Demain, retour  vers Paris après une journée de « rab » pour rester tranquille. Cette journée n’a rien d’exceptionnel, si ce n’est qu’il est là, peut-être, sûrement, qui sait, je le souhaite… ça m’a tiraillé un peu au matin, et là encore, mais je ne veux y voir aucun signe et je n’affabule pas le moins du monde, pas encore, à vrai dire, je n’y pense pas…

Il aura été pas mal question de signes ces jours-ci, mais je préfère être claire, je n’y crois pas particulièrement, j’aime les inventer, mon homme aussi. Comme un jeu. J’aime aussi m’arrêter sur des images, des gestes qui suscitent une émotion particulière. Alors en guise de fin sur cette belle page tchèque de notre vie, quelques photos pour retracer cette semaine d’un rêve devenu réalité.

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De haut en bas et de gauche à droite :

Une œuvre sur verre d’une artiste coréenne. Le personnage regarde la lune à travers une fenêtre, tout est en ombre et lumière, douceur et poésie… J’adore regarder la lune et notre ti’blasto ressemblait à une belle lune…

Un ange dans l’une des églises autour du château, à l’expression joyeuse et coquine, craquant.

Le panneau de Reprofit, of course.

Les grues porte-bonheur de Lili, elles sont magnifiques, et faites par elle ! (j’en veux bien une en vrai pour essayer de m’y mettre 😉

Un magnifique test de grossesse dont j’ai appris depuis qu’il serait peu fiable, hum, alors je le teste ou pas ce test ?

Une provision de cartes postales d’une jeune artiste tchèque qui dessine au crayon des univers oniriques. De belles couleurs pour s’évader et s’inventer des histoires.

Un joli petit berceau dans une reconstitution d’époque.

La vitrine aux petits anges, au bout du pont Charles, le nôtre est blanc et porte un œuf bien sûr

Le petit ange de Lily (avec un « y ») dans de bonnes mains, que j’adore j’adore j’adore.

Nous, enfin nos mains jointes, depuis 5 ans, pour le meilleur et pour le rire, comme dit mpm…

Les cygnes – les fameux – mais là cette photo m’évoque des tableaux de klimt peu connus.

Dans l’avion au départ, on est sur des petits nuages, le soleil et là et ne nous quittera pas. La lumière fut…

Un jeu de patience, ou une réussite, c’est selon, ça résume un peu la pma, mais avec des cartes illustrées de Mucha, c’est beaucoup plus « arty »…

Des anges, encore, qui volent au vent et à la bouille radieuse

Le doudou de mon petit trésor. Là, il couve, première heure tous les trois ensemble.

Une petite surprise achetée en cachette à l’aéroport, une boîte de chocolats Fauchon. Fauchon, a marqué notre histoire, alors ce clin d’œil avant de s’envoler m’a donné des ailes !

J’espère qu’après l’avion, nous prendrons le train, si vous voyez ce que je veux dire…