Chez la psy

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Aujourd’hui, sur les conseils de gyné D. j’avais donc rendez-vous chez une psy pma. J’ai souri et pensé à Lili en arrivant, car dans la salle d’attente, il y avait un tas de grues sur une tenture, sympa !

La psy qui m’a accueillie, je l’ai aimée tout de suite, très douce, souriante, une toute petite voix, un ton joyeux, doux et enveloppant. Bon, elle parlait pas mal quand même mais j’ai pu expliquer plusieurs choses et j’ai aimé ce qu’il en est ressorti :

Pour elle, je n’ai pas besoin d’un suivi régulier dans l’immédiat, elle trouve que je vais plutôt bien, malgré mes angoisses passagères qui sont tout à fait normales vu mon parcours (j’y reviens ensuite), elle pense que je sais appréhender ce que je vis, que j’ai un certain recul. Elle me propose donc qu’on se voie à ma demande, quand j’en ressens le besoin, si j’ai des chose à gérer.

Ce que j’ai aimé et ce qui m’a un peu allégée, c’est le mini-bilan que nous avons tiré des épreuves de ma vie et qui expliquent mes angoisses, ce sera toujours un trait de mon caractère, mais je saurai à force l’envisager comme tel et prendre là aussi de la distance.

En gros, depuis ma toute petite enfance, ma vie est jalonnée de coups durs survenus subitement et c’est le subitement qui a son importance. Quand on est plongés peu à peu dans une épreuve, un proche qui est malade par exemple, on l’affronte progressivement. Quand le choc arrive sans prévenir, on n’est pas prémuni. On n’a pas le temps de s’armer, de combattre. On prend tout de plein fouet. Et ça peut laisser des traces, c’est mon cas.

Car ma vie est une suite de chocs « surprise » : à deux ans, je quitte ma mère biologique et ma grand-mère qui m’élevait -et vient de mourir- pour être adoptée par ma tante.

Ma tante qui devient ma maman, mon grand amour, meurt à son tour subitement d’une rupture d’anévrisme, un 24 décembre, je la quitte un matin, pour ne jamais la revoir. J’ai 15 ans.

Il y a trois ans, j’apprends à ma première écho, sans signe annonciateur, que mon bébé a cessé d’évoluer et que son coeur ne bat pas…

Il y a deux ans, on m’hospitalise d’urgence, en une journée, j’apprends que j’ai une tumeur dans la tête, bénine certes, mais qui aurait pu me coûter la vue ou pire, la vie. Etrangement, ça tombe aussi à Noël et étrangement, j’ai aussi quelque chose dans la tête, comme ma maman…

Ces chocs-là, selon la psy, m’ont trop bien appris que la vie est fragile et qu’à tout moment, tout peut arriver. On le sait tous bien sûr, mais quand on le vit, c’est pas pareil. Ça aurait pu m’inciter à profiter au contraire de chaque instant me direz-vous, mais ces blessures remontent à l’enfance et m’on rendue plutôt craintive. Partant de ça, j’ai longtemps eu peur de la mort, peur de perdre les gens que j’aime et j’ai du mal à croire que ma vie peut-être un long fleuve tranquille, j’imagine toujours, malgré moi, qu’une chose va me tomber soudain sur la tête… Un truc que je connais bien.

C’est vrai que je suis une adulte maintenant, que j’ai conscience de tout ça et que j’ai aussi toujours su m’adapter, rebondir. Je m’en suis toujours bien sortie. Je trouve que j’ai beaucoup de chance et la psy trouve plutôt que c’est de mon fait (elle est sympa !) Mais dans les moments un peu délicats, les peurs remontent malgré moi. Et bêtement, face à une grande joie, je pense : « quoi, il peut m’arriver à moi un tel bonheur !? »

Alors cette grossesse inespérée, je n’y croyais pas, rappelez-vous, et j’ai encore du mal, mais je progresse. Du mal à croire que je peux vivre aussi quelque chose de beau jusqu’au bout, sans encombre. Du mal à lâcher prise et à accepter sereinement ce bonheur qui m’est offert. Tel qu’il est aujourd’hui et quoi qu’il arrive demain.

Si ma raison y parvient et rend mes journées correctes, je sens bien qu’il y a cet aspect-là en moi, qui me rend si peu sûre de moi. Mes écorchures de la vie. Mais ce rendez-vous avec la psy, m’a remis un peu les idées en place et m’a aussi redonné confiance. Je ne suis pas si nulle comme fille et je peux être une maman, je serai une maman d’amour…

En attendant, je suis surtout une loque d’amour. Je n’arrive plus à finir mes journées et on réfléchit à mpm comment aménager mon travail : matin au bureau, après-midi boulot à la maison sûrement, il va falloir… Car hier encore, j’ai dû partir plus tôt, à bout et je n’ai rien pu faire à la maison… Un truc quand même à voir avec gyné D…

Une histoire de nid sur la branche

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Un mail de ma belle sœur est arrivé. Elle souhaite offrir à sa mère un arbre généalogique, et nous réclame des photos actuelles… Des arbres généalogiques, il y en a plusieurs déjà qui circulent dans la famille, quelle idée d’en refaire un… Je suis sûre que c’est surtout pour se faire plaisir à elle, besoin de toujours étaler ses petits-enfants (oui, un peu langue de vipère là).

J’ai jamais aimé les arbres généalogiques et j’ai jamais aimé me pencher sur notre branche restée vide quand, à côté, il y a des enfants et des petits enfants partout…On est tous serrés nous, ça fait pauvret, ça fait triste, nos deux noms et rien dessous…

Bref, ça m’a d’autant plus fichu les boules que j’ai pensé : « notre branche sera vide encore, alors qu’on devrait y mettre un petit nid avec son œuf ». J’ai pensé que peut-être, si la nature me lâche, la branche restera vide mais j’ai préféré imaginer qu’un an près, on aurait fourni une photo de notre petit trésor.

Re-bref, son histoire d’arbre généalogique m’a gonflée et je me suis mise à rêver de Noël : je les vois admirer cet arbre, s’extasier sur tous les enfants quand soudain mpm, triomphant, leur annonce qu’il faudra bientôt ajouter une photo… Je rêve qu’on ait notre petit heure de gloire, ce bonheur tout con. Moi qui me sens comme un vilain petit canard. Une sorte d’handicapée de la vie.

Je n’ai rien à prouver au fond, et nous sommes ce que nous sommes, mais dans ce genre de contexte, je me sens de nouveau anormale de ne pas avoir d’enfant… Et pourtant je suis enceinte, imaginez le drame si je ne l’étais pas ou ne l’étais plus… La société est ainsi (mal) faite… Et moi, je reste pmette…

Le temps long

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Hier, je ne suis pas allée travailler, j’ai déclaré forfait. Il faut dire qu’en sortant, à jeun, pour mon contrôle glycémie, je suis arrivée au labo, essoufflée, vidée, comme si j’avais couru des heures (bien que je ne coure jamais des heures…). En sortant, je n’allais pas mieux, j’ai senti qu’il fallait pas tirer sur la corde. Mon cœur battait la chamade, mes jambes étaient molles comme du coton, la rue monte au retour, j’avançais comme une tortue…

Un simple coup de fatigue j’imagine, que le côté à jeun n’a pas arrangé. J’ai dormi, j’ai rêvassé, je n’ai rien fait, le chat collé à mes jambes, réchauffé par le feu que mpm m’avait préparé (oui, certains parisiens ont la chance d’avoir une cheminée). Idem, l’après-midi, même loque. J’ai fini par me demander si c’était la fatigue ou une forme de stress (ou les deux), car si ma tension était bonne (on a l’appareil), mon pouls était rapide, lui. Il faut reconnaître que cette semaine, je me sens moins sereine, à cause de ces nausées qui sont parties, ce ventre moins présent, l’écho qui approche, ce poids parfois sur la poitrine… La psy la semaine prochaine sera bienvenue finalement…

Là je vais radoter, mais quand le corps ne se transforme pas encore, que les symptômes ne sont pas flagrants ou légers, quand on s’appelle « moi », on finit toujours par cogiter. Ma mamandecoeur m’a demandée si je me transformais et ça m’a fait un pincement de dire non, j’en rêve. Mais je crois que c’est prématuré, qu’il faut attendre encore un peu. Patience, patience, comme en pma…

N’empêche je trouve le temps long

Long parce que je n’ai pas trouvé mes marques, j’ai du mal à le réaliser, à y croire complètement
long parce que ça ne se voit pas, parce qu’on ne le dit pas, parce que les risques sont encore là,
long parce que mon cerveau, lui, tourne en mode bébé à plein régime,
long parce que j’ai peur que le rêve s’achève, mais je ne peux plus m’empêcher de rêver,
long parce que je suis fatiguée pour tout, dans un état second, difficile à décrire.

Mes deux perspectives, mes deux attentes :

Le 4 décembre pour l’écho

Les fêtes de Noël : nous avons décidé (si l’écho est positive), de faire l’annonce à nos familles respectives à ce moment-là, ça fera trois mois…

Je pensais redouter cette annonce à faire, mais en fait, je crois que j’en serai heureuse, une manière de rendre encore plus réelle cette grossesse. Dans ma belle-famille, ça va leur faire un choc, j’y reviendrai sûrement, mais dans ma famille, je sais qu’ils seront ravis.

Mais nous n’en sommes pas là…

et en attendant, je croise à fond pour Lolo qui doit avoir ses petits trésors maintenant…

2 mois

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Une première pensée pour Lolo qui, ça y est, a ses embryons en route et ça me fait tout chose. Elle part demain pour Brno et je l’accompagne par la pensée, pleine d’espoir…

Une pensée pour Lily dont je n’ai plus de nouvelles, j’espère tant en lire de bonnes un jour…

Une autre pensée, plus joyeuse, et surtout mes félicitations à Plume qui a eu hier son petit plumeau ! J’espère que nous saurons son vrai petit nom. Là encore une grande émotion…

Quant à moi, que dire ? Si peu, en fait…
Toute la semaine dernière, j’ai passé mon temps à gérer comme je pouvais des nausées incessantes, une fatigue plombante, j’étais assez mal pour tout dire mais c’est que du bonheur. Mon ventre pesait comme une enclume et ça c’était plutôt bon, et dans mes moments de répit, je parlais à mon petit trésor, j’exultais. Ma séance d’acupuncture s’est déroulée sans encombre, bien qu’avec une sensibilité accrue aux aiguilles et un bon pouls selon mon ostéo, qui dit que c’est bon signe, « ça travaile ». Espoir. Sommeil toujours en pointillé…

Cette semaine, les nausées s’estompent, j’en finis par me demander si c’est bon signe, mon ventre est moins pesant, hou là, est-ce normal ? Fatigue aléatoire. J’essaie de ne pas m’en faire. Aujourd’hui, je suis enceinte de deux mois et j’ai envie de croire que chaque jour qui passe me sauve d’un désastre. Je sais pourtant que… La prochaine écho est dans deux semaines, je commence à trouver le temps long, j’ai envie de revoir mon trésor. Je lui parle beaucoup, je nous berce de mots doux, de petites histoires. Je lui dis mon bonheur, combien il a changé ma vie. A ce stade, je crois qu’il passe d’embryon à fœtus, c’est un moment émouvant, comme une étape, et c’est pourquoi, j’ai hâte d’être rassurée par l’écho.

Car, on ne se refait pas si facilement, et si je baigne dans le bonheur guimauve, j’ai aussi une part de moi, plus inconsciente qui est inquiète, ce poids sur ma poitrine le matin en est le signe. Alors, j’ai fini par suivre le conseil de gyné D, j’ai pris un rendez-vous avec une psy pma. J’ai aimé sa voix fluette au téléphone, telle une petite fille, elle a l’air adorable et je l’aime déjà. Nous verrons la semaine prochaine.

Quant à mpm, on ne sait toujours pas quel est son mal étrange à l’aine, après écho, scanner et analyses de sang, rien. Prochaine étape, une écho des testicules, car peut-être est-ce une suite de ses varicocèles… On creuse donc…

Voilà un petit bilan, mes copinautes. Je dois avouer que je ne sais plus vraiment par quel bout prendre ce blog et vous parler. Si chanceuse d’être à cette heure dans le train, si inquiète parfois d’en être exclue, mon quotidien et mes préoccupations sont bien légères et heureuses, j’en suis consciente et gênée de les exprimer ici. Et mes humeurs si fluctuantes que je les trouve souvent indécentes…

Ça ne m’empêche pas de penser à vous toutes, sur le chemin, – j’ai en tête les mots récents de Little Wife sur son désir de bébé qui m’ont beaucoup touchée – et je vous (nous) souhaite tant de serrer enfin dans nos bras notre enfant, de l’inonder de baisers et d’amour. Un début de vœux pour 2014 on dirait. Et puis en attendant, pour certaines, on se voit peut-être le 7 à la rencontre BAMP ?

EDIT DE 16 H :
un mail de gyné D avec une ordonnance : je dois refaire une pds pour la glycémie… Aïe, serait-ce un début d’emmerde ? On ne panique pas et on attend la suite. A suivre donc…

Et après ?

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Après, le bonheur est toujours là, intact. Je suis sur un petit nuage.
Après l’écho, mardi dernier, et son lot d’émotions, la semaine a continué avec de nouvelles étapes à franchir, des échéances, des rendez-vous à prendre. Un monde nouveau, excitant, presque trop. C’était en effet très étrange de passer de trois semaines de « rien à faire à part cogiter » à « tout un tas de choses à organiser ». Mais ça y est les choses se mettent en place avec :

Une prise de sang à jeun que je ferai mercredi : avec différents contrôles, dont tsh (la thyroïde, pour voir s’il faut changer ou pas les dosages)

Un rendez-vous en hémato pour voir si je dois continuer ou pas le Lovenox (anticoagulant) et pour combien de temps (une pensée pour Coco…). Rendez-vous pris au prix de longues discussions : le 10 décembre (sinon c’était fin janvier…)

Un rendez-vous avec le spécialiste des grossesses à risque à la maternité, docteur T. Rendez-vous pris par une charmante secretaire qui m’a expliqué que, de fait, avec ce rendez-vous, j’ai une place à la maternité (ah bon ?) et que je dois juste confirmer mon inscription lors de mon rendez-vous avec le docteur en apportant tous les docs nécessaires dont elle va m’envoyer la liste. Ce sera le 9 janvier, doc reçu.
J’ai aussi des rendez-vous fixés avec lui jusqu’en avril et selon si c’est au final c’est Gyné D qui me suit, j’en aurai d’autres jusqu’à la fin… ça me donne un peu le vertige.

Mais la prochaine grande étape, c’est la première écho officielle du 4 décembre pour voir si notre petite crevette va bien. Ce sera avec un autre médecin mais au cabinet de gyné D et je la verrai dans la foulée.

Un siège dans le train ? Sinon, après l’écho, gyné D m’a donné mon calendrier de grossesse (bim, un truc de plus qui sonne bizarre à mes oreilles) : dates d’accouchement, des congés, période pour les échos, test trisomie 21 et différentes consultations… + Liste de précautions : hygiène, alimentation… Tout ça, mine de rien, ça bouscule, ça vous met un sacré pied dans la grossesse, une place assise dans le train, même si on n’ose pas prendre place…. Un monde nouveau s’ouvre, vous tombe sur la tête. Et c’est juste génial, moi, je suis ravie. J’ai une envie folle que ça dure, d’être à fond dans toutes les étapes, de savourer, de faire connaissance avec mon bébé, de le sentir grandir, de partager avec mpm sa main sur mon ventre ces instants qui doivent être complètement magiques… Je ne suis pas à l’abri bien sûr, loin de là, et le temps me semble long de ce point de vue, je me dis que ce serait vraiment trop rude d’avancer ainsi et de tout arrêter soudain. Mais je suis obligée de garder ça un peu en tête, parce que là, la tête, elle me tourne tellement.

Côté psy :
Gyné D m’a quand même trouvée très tendue. Je lui ai raconté ma mauvaise unique expérience. Ma nature anxieuse et mon manque de confiance. Elle trouve que je ne suis pas très optimiste, que je vois plutôt le côté noir des choses, elle a raison au fond, mais je croyais que j’avais progressé… Visiblement non… Quand je lui dis que j’en suis consciente mais que j’y travaille, elle me répond « avec qui ? » Elle pense que je vois un psy. Mais comme c’est non, elle me conseille de voir quelqu’un, me dit qu’une grossesse, ça crée beaucoup de bouleversements, pas seulement au début, mais jusqu’au bout et même après, et que ce serait peut-être bien d’en parler. Elle m’envoie vers celle qui consulte à la maternité et dans son cabinet : « elle est très gentille vous verrez, vous êtes toute douce et je pense qu’elle vous ira bien, il ne vous faut pas quelqu’un qui ne dit rien, ça va vous angoisser, ni quelqu’un qui vous secoue trop… » Quelle psychologie, cette gyné D… Cet aspect ne la concerne pas dans le fond, mais me parler de ça, de remarquer mon état, ce que je suis, je trouve que c’est chouette aussi. Je voyais que l’air de rien, dans le feu de ses actions à mener au cours de cette consultation, elle m’observait en même temps, de son regard fixe, clair et franc. Même si elle m’a un peu vexée, parce que j’ai un peu honte d’être comme je suis, je suis contente qu’elle ait eu ce geste-là, qu’elle dise les choses, parfois ça semble abrupt, mais c’est surtout plein de clairvoyance et finalement d’attention. Je l’adore de plus en plus. Et comme, peut-être me suivra-t-elle jusqu’au bout ou en parallèle avec Docteur T., c’est top.

Grossesse à (haut ?) risque ne l’oublions pas. D’ailleurs pendant l’écho, elle m’a dit : « il est grand, il fait même un peu plus que la moyenne, heureusement qu’on n’en a mis qu’un hein ! »… Bref, avec tous mes paramètres, notamment le méningiome, on ne peut partir à la légère. J’ai cru comprendre qu’ils allaient même, en fonction de cette opération à la tête d’il y a deux ans, peut-être décider de ma façon d’accoucher… Perplexe… Je n’ai pas eu le temps, ni l’envie de rentrer tout de suite dans cet aspect des choses, j’aurai bien le temps – j’espère ! – Mais je me sens en sécurité, j’ai confiance, je sens qu’on s’occupe de moi, et le sésame qu’il a fallu que je dégaine pour le rendez-vous avec dr T : à savoir tous mes antécédants et facteurs à risques (méningiome, phlébite, 44 ans, fiv do)  a en effet fait de l’effet… Aucun problème pour m’inscrire… Je devrais m’inquiéter, non, d’être tant à risques, mais non, pas encore, c’est déjà un progrès. Sûrement de l’inconscience. Mais, je ne vais pas commencer pas à rentrer dans tous les problèmes liés à la grossesse, pourquoi faire, car pour le moment, aujourd’hui, c’est juste du bonheur. Autant en profiter.

Et mpm dans tout ça  : monsieur m’a fait faux bond pour l’écho ! Il a décidé, lui aussi, de passer une écho ! Je dirai que cet acte qui n’est qu’un facteur de circonstances, mérite réflexion : aurais—t-il redouté plus que moi cet événement ? Certes, j’y suis pour quelque chose, mais quand même. En deux mots : il était souffrant depuis quelques jours, douleurs du côté de l’appendice (tiens, le bas ventre)… Il va voir le médecin qui soupçonne une hernie et l’envoie passer une écho dans la journée. Après x appels pour dégoter un rendez-vous, deux options s’offrent à lui : 15 h (donc quasi pile comme moi) ou 16h45. Mais comme il ne doit ni manger ni boire, je l’incite à prendre 15h. Je me dis que s’il a quelque chose, il faut pas trainer et que je peux gérer seule. Il regrette un peu pour la forme, mais toute la journée, il sera finalement plus accaparé par son ventre que par le mien. Même le soir, pendant le debriefing, il revient régulièrement à son problème (non identifié). J’ai le sentiment qu’il avait aussi besoin qu’on s’occupe de lui et pas que de moi. Besoin d’avoir sa place dans cette histoire de grossesse. N’empêche, à ce jour, avec ce nouveau médecin, on ne sait pas trop encore ce qu’il a, ça va, ça vient…

Côté symptômes de grossesse, je ne peux pas dire que je sois très gênée :

Le côté nauséeux s’estompe, même si parfois, j’ai un petit haut le coeur. Mais j’ai toujours des fringales, ça me prend à l’estomac, ça me rend patraque et là, il faut que je mange alors que je ne mange jamais entre les repas.
Côté cuisine, je n’ai plus le goût de préparer les repas pourtant c’est mon dada. Alors c’est un peu du grand n’importe quoi : genre les compotes poires d’Andros à la pelle.

La fatigue : je ne suis pas assommée comme on dit que les femmes enceintes le sont, mais j’ai régulièrement des coups de pompe et surtout, je me sens un peu amorphe, j’ai envie de rien faire. Moi qui ne regarde pas trop la télé, là, ça me convient… Côté nuit, je me réveille toujours à 3h, 5h, mais me rendors, fini les longues insomnies.

L’humeur : je ne me trouve pas trop perturbée, même si j’ai la larme facile, et parfois des coups de gueule, oui une tendance à m’emporter pour un rien. Heureusement, c’est pas souvent.

Le stress : depuis l’écho, les choses se sont améliorées, mais comme le matin, je suis encore un peu oppressée, je sais que je n’en ai pas fini avec ça. Je me suis mise au sédatif pc recommandé par gyné D. et j’irai voir la psy. L’exercice me ferait du bien, mais elle me déconseille le sport. Reprendre les méditations sera une aide aussi.

La poitrine : toujours fidèle à elle-même, mais depuis quelques jours, elle est un peu plus sensible, surtout en position allongée quand je change de position.

Autres : je crois que ce sont aussi des petits signes : une grande soif, je n’arrête pas de boire (mais j’étais déjà une grande buveuse d’eau), mais je ne fais pas plus pipi (j’étais et je reste un chameau), la constipation (déjà un fléau chez moi, je redoute hémorroïdes et déchirures), des sensations de fourmis dans les mains et les pieds la nuit, et aussi une grosse chaleur, des aigreurs d’estomac, parfois un mal de reins, et ce que je préfère : cette sensation dans le bas ventre, pas vraiment un tiraillement, plutôt une sorte de lourdeur. Là, je me sens reliée à mon petit trésor. Et je deviens complètement gaga. C’est terrible, je devrais pas, mais si, mais non, enfin, c’est comme ça, je l’aime ma crevette, je prie chaque jour pour qu’elle s’installe un peu plus, qu’elle trouve ses marques et se plaise, qu’on passe 8 mois de folie toutes les deux à se causer, à faire connaissance.

Depuis quelques jours, j’ai le sentiment de grandir avec cet enfant en moi. J’ai l’impression que je peux trouver toute la force du monde pour lui, qu’enfin, je dois m’inquiéter non plus pour moi mais pour lui. D’ailleurs, je décide de ne pas m’inquiéter au contraire mais de nous faire confiance, de croire en la vie.
Bien sûr, c’est prématuré de penser ainsi. Mais, pourquoi me priver de cet échange intérieur qui ne sera plus jamais, au prétexte que la vie peut nous séparer ? Je ne veux pas avoir à regretter de n’avoir pas profiter de ces premières semaines ensemble. Qu’elles soient les premières semaines d’une longue série ou pas. Alors tant pis, si je m’investis trop dans cette grossesse, mais c’est ma grossesse, j’ai un trésor immense au creux de mon ventre et mon unique objectif du moment est de l’aimer, le protéger.

 

 

16 mm de bonheur

 
Désolée pour cet article tardif, mais entre boulot, coups de fil, diner et bugs de wordpress, pas pu faire mieux…

Tout va bien ! Je suis super heureuse d’écrire ici que notre petit cœur bat, notre petite crevette de 16 mm est bien là, va bien, un petit trésor parfait, magnifique, placé comme il faut. Un rêve. Un soleil vient d’illuminer mon cœur et je fonds littéralement de bonheur.

Un court moment, un grand moment. Sans mpm, j’expliquerai pourquoi…

Prochaine écho : le 4 décembre. C’est loin, c’est dans un mois, en attendant, je veux juste savourer, penser à aujourd’hui, aujourd’hui je suis enceinte et merveilleusement heureuse.
Peut-être la première fois réellement depuis la pds.
Le chemin est encore long, mais il commence drôlement bien… que ça fait du bien…

 

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J- 1 l’écho à ma porte

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Demain, à cette heure, nous saurons, nous aurons eu une vue de ce qui se passe – ou pas – à l’intérieur de moi. Nous saurons si notre petit trésor va bien, si son cœur bat, si nous pouvons prendre une respiration et continuer de couver au mieux. Ecrire ces mots me monte les larmes aux yeux. Quand je pense à lui, j’ai le cœur chamboulé, je suis envahie d’une émotion nouvelle, forte et indescriptible et je m’aperçois alors que j’ai si peur de le perdre. Je suis sûre qu’il n’y a rien de plus merveilleux sur terre que de porter un enfant. Et j’espère tellement le sentir grandir, l’écouter, le chérir. J’ai beau essayer de ne pas trop y penser, je suis comme à l’approche d’une pds, je voudrais savoir et j’ai si peur en même temps. La vie peut me le reprendre. Ce serait trop cruel. Et c’est malheureusement si « fréquent »…

Pourtant depuis mardi dernier, et après ma crise panique, j’ai plutôt bien « géré » ma semaine. Décidée à vivre le moment présent, pensant peu à l’écho, pour ne pas imaginer le pire, ni le meilleur. Je n’ai pas voulu me lancer dans un scénario, quel qu’il soit. C’est si facile de se faire des films.

Je ne peux pas dire que j’étais sereine pour autant. Ça m’a juste permis de vivre pas trop mal cette période, qui plus est, seule, puisque mpm n’est rentré que samedi après-midi. Je sais néanmoins à mes nuits et à mes réveils qu’une forme d’angoisse est là. Qui m’opprime la poitrine au réveil, puis peu à peu, je vais mieux. Sauf qu’aujourd’hui, c’est la veille, et c’est bien difficile de s’astreindre à ne pas y penser. D’où, mon besoin aussi d’en parler ici. Et tant pis, si je n’ai rien d’intéressant à dire, juste évacuer un peu de trop plein.

Autour de moi, vous, mes proches, tout le monde a confiance, mpm le premier (mais je sais qu’il sait que ce n’est pas gagné et qu’il redoute aussi le pire, d’ailleurs, bizarrement, il a une douleur dans le bas ventre : appendicite ? autre ? on va voir ce que dit le médecin, rien de grave j’espère, il ne manquerait plus que ça…).

Si, par moments, je me dis que ce serait trop beau, à d’autres moments, je me dis « pas demain, demain tout ira bien, peut-être après, et là, ça n’en serait que plus dur, mais pas demain ». Un début d’envie de rêver, d’y croire est en train de m’envahir, il ne faut pas. Ma seule certitude, la seule chose à laquelle je dois me rattacher : c’est que chaque jour qui ne me dit pas le contraire, je suis bien enceinte (merci lolo)

Je sais ma chance immense. Et c’est parce qu’elle est immense cette chance, qu’elle est si précieuse. Toute pmette en rêve, j’en ai rêvé aussi, sans oser y croire. Et j’ai encore bien du mal, je m’attends toujours au pire. Mais au fond de moi, je n’oublie pas cette chance immense. Ce bonheur que j’ai envie de laisser exploser, qui est là, pas si loin, mais pas encore. C’est trop tôt. Attendre déjà demain pour sourire peut-être un peu, reprendre souffle, continuer de prier St Gérard (à qui je cause tout le temps, Elm) et qui je l’espère nous protège. Avancer à tous petits pas.

Bien sûr, comment résister à l’envie de découvrir sur le net, ce qui se passe : et de lire quelque part qu’à  5 semaines, il commence à prendre forme humaine, son cœur bat, deux fois plus vite que le nôtre, et il mesure 6 mm, la taille d’un pépin de pomme…

Et de réaliser qu’il y a trois ans, quasi jour pour jour, notre premier trésor avait arrêté sa croissance à 6 mm (il aurait dû être à 16 au moment de l’écho) et son coeur ne battait pas. Alors, là, je suis dans un état de très haute ébullition…