1er rendez-vous sage-femme

Il y a un an, on se préparait activement pour espérer partir pour une fiv do. J’étais suspendue au feu vert des médecins.
Mon objectif était cette fiv, j’étais loin d’une hypothétique grossesse. Il y a un an, j’étais donc incapable de m’imaginer rencontrer une sage-femme.

On ne sait jamais ce que la vie nous réserve. C’est pourquoi je reste toujours un peu sur ma réserve quant à l’avenir, mais c’est aussi pour çette raison que j’ai envie d’encourager toutes les pmettes sur le chemin. Rien n’est certain, tout est possible…

Je ne savais qu’attendre ou demander de ce rendez-vous, ce qu’une sage-femme peut apporter.
J’avais préparé une mince liste de questions, que j’ai oubliées dans mon sac. Nous avons fixé les rendez-vous pour la preparation à l’accouchement (waouh, les grands mots) et elle nous a donné pas mal d’infos en tous genres comme :
– écouter son corps, s’écouter, lever le pied dès que le besoin se fait sentir. Travaille un peu a la maison quand c’est possible.
– penser que le congé pathologique (15 jours) peut être accordé par le médecin, le Gyné ou la sage-femme et pas seulement 15 jours avant le congé mater. Mais N’importe quand.
– mettre une ceinture si mal de dos (mpm trouve ça super, mais moi, ça me branche moyen d’être saucissonnée…) ça soulage aussi au niveau des ligaments paraît-il…
-opter pour les bas de contention, préférable.
– marcher pendant les trajets en train (même pour un court voyage)
Nous avons bien sûr parlé de tout un tas d’autres choses, de l’allaitement, des cours qui allaient venir… Mais je n’étais pas très réactive, je n’arrivais pas à me concentrer, j’avais l’impression que ça partait dans tous les sens et que je ne savais pas où j’allais. Je crois que j’étais en fait déjà fatiguée de ma journée.
Puis, au moment de partir, j’ai pensé à deux petites choses qui me turlupinaient et qui me semblaient hyper importantes (j’ai honte) :
– Mes horribles démangeaisons autour des mamelons (sexy hein!) depuis plusieurs semaines et malgré l’huile weleda dont je m’enduis chaque soir : pas suffisamment efficace selon elle si ça ne me soulage pas. Il faut beaucoup s’hydrater (moi qui déteste me tartiner…) avec de la crème comme la roche posay.
– mes envies de piscine prénatale (la piscine est à 20 m de chez moi) et de yoga. Pour les deux, elle a de bons échos. Mais je dois voir avec le Gyné et sûrement lui demander un certificat médical.

19h30, nous rentrons, je suis lessivée. Je m’en prends un peu à mpm qui n’a pas arrêté de parler, de poser des questions et je me suis sentie envahie. Je finis en pleurs. Comme souvent lorsque je sature un peu. Et en plus je me sens coupable de mes réactions d’autant que je suis fière de mon mari et de son implication. Il m’aide sans arrêt et fait preuve de tant de patience. J’ai vraiment un amour. Ce fut finalement un bon premier rendez-vous avec une femme sympathique.
Mais voilà, c’était un pas de plus dans ce nouveau monde, et ça reste toujours et encore comme irréel. J’étais à la limite de me demander s’il s’agissait bien de moi, de nous…

Aujourd’hui je suis à la moitié de ma grossesse,
je commence à être encombrée par mon ventre (et me demande comment je vais tenir jusqu’au bout)
Je commence à m’interroger sur notre vie avec un bébé
Je commence à réaliser l’immense responsabilité
Je commence un peu à stresser je crois, mais je ne cerne pas bien pourquoi ni comment, c’est encore diffus, sourd, mais je sens que ça monte. Ça s’immisce, même si je reste parfaitement comblée, la plus heureuse des femmes, ravie – malgré cet aparté du jour – d’être dans un tel état !
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J’imagine que tout ça est normal…

Tout va bien ?

Oui. Tout va bien. C’en est même gênant de venir le dire ici.

Je ne trouve plus les mots qui conviennent, voilà plusieurs jours que j’écris, que je ne publie pas, que je tourne les phrases, cherche la simplicité et me sens toujours déplacée, à côté, pas à ma place tout simplement. A quoi bon venir encore, pour dire quoi ? Que tout va bien quand tant de filles souffrent, attendent, espèrent et désespèrent ?… Je trouve ça cruel.

Je pensais que le malheur se faisait toujours discret, j’ai découvert avec la pma, qu’on pouvait le dire et le partager. Mais le bonheur ? Le bonheur, lui aussi peut se partager mais tout dépend. Là, j’ai du mal, il me semble malvenu dans cet espace. Je crois que c’est idiot au fond.

La semaine dernière, j’ai retrouvé le chemin de la maternité pour la visite du 5e mois.
Col, tension, poids, coeur de bébé… Comme je le disais tout va bien… Je n’en reviens pas quand même, c’est pas normal que tout soit normal non ? Ben, apparemment si, ça se peut parfois. Je pourrai toujours dire que j’ai eu 4 mois super. Pour la suite, on verra… On est loin encore…

Voilà. Que dire d’autre ? Je me sens épanouie, à ma place dans un état que je ne soupçonnais même pas. Pour la première fois de ma vie, j’aime mon corps et je suis fière, heureuse, dingue de notre petit trésor qui grandit là…
MPM aussi. Il sourit, il est heureux et à la fois tout timide…

En attendant les prochains rendez-vous (rencontre avec une sage-femme vendredi, visite du 6e mois le 27, puis écho du 2e trimestre le 28 février) et bien… la vie continue… Sa vie… Encore si petite vie…