Le jour où j’ai filé aux urgences

Ça n’était pas vraiment une urgence mais il me fallait savoir, me rassurer.
Et l’on m’avait suffisamment répété qu’au moindre doute, fallait pas hésiter…

Alors dimanche dernier, après quelques jours de douleurs non fulgurantes mais diverses et nouvelles,
Après un (1er) tour par le bureau de vote, après un déjeuner chez la nièce de mpm (qui a mon âge et trois enfants charmants mais turbulents : des enfants quoi)

Nous sommes allés aux urgences de ma maternité, sur proposition de mon cher mari qui m’a dit à quoi bon attendre lundi, on a le temps et tu sauras.

J’ai donc vu et su. Et j’ai surtout envie de parler de mon étonnement, de mon heureuse surprise, car je m’attendais, pour être honnête, à un service immense, grouillant de monde hurlant, pestant, de personnel débordé et froid de fatigue. Pas du tout. Que nenni : une merveille.
Nous avons été enregistrés à un petit bureau avec deux secrétaires, aimables, mais surtout efficaces. On m’a demandé mon code barre que je n’avais pas sur moi (oui, on est code-barrés dans cette maternité) mais avec mon nom, pas de problème, mon dossier est vite sorti.

On m’envoie ensuite faire un pipi, on m’appelle dix minutes plus tard pour prendre ma tension, ma température et ma déposition (heu pardon, les raisons de ma visite). J’explique les différentes douleurs que la toute jeune infirmière semble relever comme des contractions.. Elle a mon dossier maternité entre les mains, je me demande comment il est arrivé si vite, où il peut être rangé…
Dans la salle d’attente, quelques couples, deux trois femmes visiblement enceintes, et une ou deux vraiment pas bien. Je rappelle à mon cher et tendre que ce sont aussi les urgences Gyneco et que toutes ne sont pas forcément enceintes (il est assez commère, alors il blablate sur le monde qui nous entoure, au creux de mon oreille bien sûr)…

Là, l’attente se fait plus longue, j’ai chaud, j’ai soif (il y a une fontaine à eau), je fatigue, jai mal au dos, je finis par me tordre un peu sur ma chaise. Une heure plus tard environ, c’est mon tour.
Une sage-femme et son binôme étudiante nous installent dans un petit cabinet. Elle reviennent sur mes douleurs, m’interrogent, regardent mon dossier, m’expliquent qu’on va examiner le col, faire un petit prélèvement et un monitoring.

Pour le col, tout va bien et c’est un premier soulagement, ensuite, je m’allonge pour le monitoring (le premier de ma vie) qui va enregistrer pendant une demie heure, apprends-je, le cœur du bébé et les contractions. Comme l’étudiante a un peu de mal à trouver les battements de cœur de ma crevette, la sage-femme revient et rassure mon visage inquiet en me disant que petit comme ça, c’est parfois un peu long, mais elle, expérience oblige, le trouve tout de suite et explique à la jeunette, « souvent tu vois, faut pas hésiter à descendre, ils sont plus bas ». Les engins sont en place et j’entends, me détends…

J’envoie mpm à la cafet où il sera mieux me pauvre que sur sa petite chaise avec deux femmes le bidon à l’air et branché (car il y a une autre femme avec moi, bien plus avancée..).
Le temps passe vite à écouter cette douce musique. Les sage-femmes reviennent régulièrement avec un mot gentil et jeter un œil sur le monito. La feuille descend peu à peu avec un graphique plat, j’en déduis que je n’ai pas de contractions. Ce qu’elle confirme au fil de leur visite. Mais ce sui m’enchante, c’est le dessin en dents de scie d’un cœur qui bat. Et quand mon petit trésor se met à bouger, de gros bruits, glop, glop, sortent de la machine, j’adore. Mais fini le tour de magie… On me débranche en me disant que tout va bien. On me donne les bandes élastiques rose et bleu du monito, « à garder et ramener pour la prochaine fois », on me renvoie dans la salle d’attente. Je dois juste refaire un test urinaire car mon jet trop petit n’était pas probant. Re-attente, mais pas vraiment longtemps.

On passe dans une autre salle. Bilan : col et monito sont ok et ne soulèvent pas d’inquiétude particulière ni besoin de faire une écho du col. La sage-femme a fait un point avec l’interne sur la question. Elle m’explique, qu’il s’agit sûrement de contractions mais qu’elle ne sont pas inquiétantes jusqu’à dix par jour. Regarde à nouveau mon dossier et fait un point sur les traitements que je prends. On parle de l’aspegic, du lovenox, j’explique, etc. Au final, elle me demande si je veux/peux m’arrêter quelques jours, j’hésite mais mpm répond oui à ma place. Elle me dit qu’il ne faut pas hésiter à me reposer. Que je peux prendre du spasfon mais pas forcément, tout le temps, juste 2 quand ça « tire ». Et insiste sur le port de bas de contention : elle m’en prescrit trois paires.
Au final, me voilà rassurée, tout va bien. Le second test pipi est ok aussi.
Je ressens juste des choses nouvelles qui m’étaient inconnues. Et je ne savais pas identifier des contactions.
En partant, toujours aussi aimables, calmes, souriantes, elles me redisent de ne pas hésiter à venir au moindre doute, qu’elles sont là pour ça.

On sort apaisés et surtout ébahis par la qualité de l’accueil, de l’organisation et de la prise en charge. Un personnel efficace, qui met en confiance, qui est courtois, chaleureux sans être non plus dégoulinant, juste parfait.
Je ne sais pas si on est tombés sur un bon jour avec les bonnes personnes, mais on était loin de s’attendre à ça, habitués que l’on est à nous décrire des services saturés (une autre réalité c’est vrai). On s’attendait à sortir 4 ou 5 heures plus tard, prêts à prendre notre mal en patience, mais au final :
Arrivée : 15h40
Sortie : 18 h
En plus cette visite est consignée dans mon dossier et gyné que je vais voir la semaine prochaine aura toutes les infos.

Depuis, j’ai passé la semaine à la maison, retiré quelques dossiers au bureau pour bosser à mon rythme mais bosser un peu quand même (ma remplaçante n’arrive que mi-avril pour que je la forme)
Et j’avoue que tous les jours, j’ai dormi 1h30 à 2h après chaque repas. Je crois que j’avais de la fatigue. Les contactions ont disparu, mais dès que je m’active un peu trop, je sens les tiraillements, mais maintenant je sais et j’écoute plus mon corps.

Mardi, un nouveau symptôme est apparu : des brûlures dans la gorge. Je me dis, c’est quoi ça, et je pense allergie. Pas une minute, à un symptôme de grossesse. Mais hier, inquiète, car les brûlures reviennent plus présentes, j’en parle a ma cousine de passage et elle s’exclame « mais ma cocotte, ce serait pas un reflux gastrique ça ? C’est que le début, et tu vas voir, ça va te remonter, blabla, prends du gaviscon, blabla, tu verras si c’est ça… » Elle est pas médecin, mais elle a eu 4 enfants, je lui fais confiance.
Là, de nouveau, je me sens con, vraiment une bille en matière de grossesse, je me voyais déjà avec un cancer de la gorge, et j’ai peut-être juste un reflux gastrique. J’en ai entendu parler bien sûr, mais je voyais ça plus bas.

Hier soir, je me suis dit que cette entrée dans le troisième trimestre ne doit pas être prétexte à stress à répétition. Certes il va se passer de plus en plus de choses, jusquà la douleur finale, mais toutes ces choses sont normales, je dois juste faire attention.

Alors bien sûr, j’ai toujours la crainte qu’un drame advienne, et c’est normal quand on sait le chemin a parcourir pour en arriver là, sans certitude, et j’aurai toujours un fond de crainte, tant qu’il ne sera pas en bonne santé dans mes bras. Je ne peux pas aller contre cette peur-là, et parce que c’est la dernière ligne droite, que les deux tiers sont « faits », je me sens responsable de mon petit que je dois mener à terme. Je deviens plus aux aguets et donc plus facilement inquiète au moindre signe.

Je suis désolée si mes petites inquiétudes vous bassinent, vous semblent bien dérisoires, je le comprends vraiment et que trop bien. Je sais que mes petits maux sont le prix à payer pour être mère, et que ce prix-là n’est rien comparé au bonheur de la maternité. N’est rien comparé aux affres de la pma, aux douleurs immenses de l’attente, des espoirs brisés, de la peur de ne jamais y arriver, de la tristesse pour certaines qui déposeront les armes. Je pense en écrivant, à la claque de Pauline, de 6cellules, aux mots de Lolo, dans une attente triste.

Maintenant, je rentre dans la période où ça peut se compliquer, mais je vais essayer de rester zen et vivre chaque jour l’un après l’autre, pleinement. Parmi les plus beaux jours de ma vie.

Publicités

La fin de la sérénité ?

Est-ce bientôt l’entrée dans le 3ème trimestre ? Est-ce l’échéance qui approche ?

Depuis quelques jours, je me sens moins sereine.

D’abord mon ventre commence a être plus pesant, encombrant, je souffle, je m’essouffle…
Mais surtout, mercredi j’ai commencé à avoir comme des douleurs de règles (en plus des tiraillements qui m’inquiètent moins car je les sais ligamentaires). Je me suis demandée si ces douleurs nouvelles étaient des contactions mais ça ne semble pas complètement correspondre a la description faite par Gyné, quoique ce qu’il a décrit, j’ai l’impression de l’avoir ressenti aussi (pas grave a-t-il dit, mais ne pas en avoir plus de 10 par jour : comment savoir si c’est ça et combien, pfiuuu)
Je me sens démunie face à ces sensations nouvelles que je ne sais pas interpréter, je ne sais pas si elles sont inquiétantes ou pas…

Vendredi, après la séance sur l’allaitement avec la sage femme (imaginez mpm avec 4 femmes enceintes, pas gêné pour un sou, il assure mon homme, pose des bonnes questions, me dit avoir trouvé ça intéressant, je suis fière de lui, fin de la parenthèse) on est allés la voir pour lui parler de ces douleurs pas féroces mais préoccupantes. Selon elle, ce peut être juste le corps qui travaille, évolue, mais elle. Me prescrit, en prévention, quelques jours de spasfon, un peu plus de magnésium, et beaucoup de repos ce week-end. Ensuite, elle me dit d’aller à la mater si je vois que ça continue en début de semaine.
Aujourd’hui, ça semblait aller mieux, mais j’ai pas bougé, alors…
Dans le doute, sûr que j’irai. D’autant que maintenant je ne suis pas rassurée, pas angoissée non plus, mais plus vraiment sereine.

Je réalise qu’il a encore trois mois et que l’objectif maintenant est de le mener à terme, ou pas loin.
Je mesure toujours la chance que j’ai eue : enceinte à la première fiv do, grossesse sans nuage.
Ça reste pour moi incroyable. Mais c’est pas fini justement, et le ciel peut encore s’obscurcir….
Je suis toujours heureuse bien sûr, mais je sens que je suis à l’aube d’une nouvelle étape. La dernière. Je pense à mon petit. J’ai peur pour lui.
Jai envie de le garder au creux de moi, mais j’aimerais aussi arriver vite au stade où s’il devait arriver prématurément il ne serait plus en danger. J’ai hâte de revoir gyné début avril, hâte de la prochaine écho. Besoin d’entendre encore que tout va bien, surtout maintenant.

Ca tourbillonne pas mal dans ma tête, je sais que c’est normal, mais je me sens responsable d’une petite vie, j’ai un besoin de le protéger, de l’entourer et je ne m’en remettais pas s’il devait arriver quelque chose. Si je n’avais pas su déceler un problème, ou fait preuve d’imprudence. Je ne me sens pas encore calée pour assurer dans le rôle de mère.
D’ailleurs je ne suis pas mère encore mais je ne suis plus la même non plus.
Ça tourbillonne je vous dis…

Hier, j’ai testé…

le yoga femmes enceintes

Depuis que j’ai eu le feu vert de gyné, j’ai cherché des cours pour me bouger un peu, car ras-le-bol d’être une larve depuis 6 mois. J’ai donc repéré deux activités : la piscine prénatale (la piscine est à 50 m de chez moi, mais les cours ont lieu le mardi matin, donc pas évident encore d’y aller) et le yoga.

Hier, c’était donc ma première séance de yoga. Une vraie découverte car je n’en ai fait qu’une fois avec une copine qui m’avait emmené dans son cours.

Testé et approuvé : pas trop loin de chez moi, dans une grande salle claire et neuve, avec une jeune prof sympa et douce et peu de monde : on était 7 femmes enceintes. La séance a durée une heure, c’était juste suffisant pour  dérouiller le dos, les épaules, faire un peu d’effort, se relaxer et avoir enfin une activité autre que boulot-dodo…

Bon, il est vrai que je n’ai pas réussi à profiter pleinement, car le matin j’avais comme des douleurs de règles et je m’interrogeais sur la chose, et en plus j’avais peur que les mouvements génèrent un problème mais c’était pas mal quand même.

Avec moi, deux nouvelles, deux jeunes très sympas, toutes deux accouchant fin sept (pensée à Fabi), l’une des deux est arrivée en même temps que moi et j’ai été un peu sciée de lui voir un casque de vélo à la main… L’inconsciente… En tout, nous étions donc 4 ventres bien ronds et 3 tous plats encore.

Je suis rentrée satisfaite de ce petit moment à moi que j’ai pu raconter par le menu à mpm. C’est vrai quoi, lui, ne cesse de sortir en ce moment (on dirait qu’il a besoin de ne pas se sentir enfermé dans la grossesse) . Et puis il est très actif, alors je peux pas l’enfermer…

Mardi prochain, si je peux, je teste la piscine. A part ça, tout continue d’aller bien.

Mardi, je suis allée à mon rendez-vous hémato et, miracle, j’échappe au lovenox (injections quotidiennes d’anticoagulants). Pour elle, je n’ai pas de problème de fond en hémato, ma phlébite était un accident et par conséquent, pas besoin de reprendre ce traitement. En revanche, il le faudra après l’accouchement pendant six semaines et en attendant, c’est juste bas de contention obligatoires. Ceci dit, elle me précise que si gyné, lui, l’estime nécessaire, pour des raisons obstétricales, il pourra me le prescrire.

Il faut que je demande à la sage-femme (séance sur l’allaitement) pour ces douleurs que j’ai eues, pas violente, mais on s’en fait pour peu, n’est-ce-pas ? Je sens que ça travaille un peu dans le bas, dans l’utérus, mais j’arrive pas à bien expliquer comment, quoi… A l’approche de 3e trimestre, je me rends compte que mon challenge, c’est que bébé reste bien accroché. J’ai peur de la prématurité. Et le moindre petit changement physique m’inquiète un peu.

Sinon, au quotidien, je sens mon ventre plus encombrant, j’ai plus de mal à me baisser et à me relever. Je marche lentement. Mais je l’adore hein ce ventre ! J’adore sentir mon bébé, ça me rend complètement dingue, c’est souvent le soir, le matin de très bonne heure, parfois le midi quand je fais une petite sieste.

Dans la rue, sauf derrière un manteau (et encore), on ne peut plus l’éviter. Je pense souvent aux pmettes qui doivent détourner le regard, me détester. Je repense à ces douleurs, pas si lointaines, que je ressentais moi aussi à la vue des ventres ronds. Quand je me regarde dans le miroir, je n’en reviens toujours pas, c’est moi, ça, c’est notre bébé qui est là. Je ne me lasse pas de cet émerveillement. Et je prie tous les jours pour qu’il arrive en bonne santé.

AH là là, j’étais venue parler de yoga et voilà que je recommence à gagatiser, ça doit saoûler à force. Mais bon, désolée. Après tant d’années minables, je suis reconnaissante à la vie de m’accorder ce répit. Je profite.

Et souhaite à toutes de vivre ce bonheur… Avec une pensée particulière pour lolo (partie ? revenue ? en cours ?) pour Lulu, Lily, Pauline et vous toutes que je n’arrive plus trop à suivre…

 

Duelle

Radieuse, rayonnante, rajeunie, je suis aux yeux des autres une femme en « r »… J’entends de toute part que la grossesse me va bien et je ne peux qu’approuver. Je me sens pleine de vie, d’amour et je dois ce bonheur à mon petit trésor. Merci mon amour.

Mais on a beau nager dans le bonheur, on peut abriter d’autres sentiments simultanément, complètement contradictoires. Déroutants.

Et je me sens vraiment duelle.

Mes nuits n’ont jamais été sereines, depuis les premiers jours : réveils, multiples, insomnies, c’est mon lot, mais passé le 1er trimestre, les cauchemars, les suées, les réveils oppressés avaient disparu. Les voilà qui reviennent…

Depuis une bonne semaine, je retrouve cette vie nocturne agitée… Je me réveille mal, même avec des rêves qui n’ont rien de stressant.

Mais voilà, dans quelques jours, commence le 3e et dernier trimestre, la rencontre avec mon trésor approche, mais moi, je commence surtout à cogiter sur mille choses liées à l’approche du terme :

(dans l’ordre des plus prenantes 🙂

ces trois derniers mois : j’ai peur encore qu’il lui arrive quelque chose, j’ai besoin de le sentir bouger pour être rassurée, je n’ai plus qu’une écho fin avril et un rv gyné début avril, je dois faire avec. On approche tellement du but, le rêve pourrait s’écrouler et ça me fait tellement peur. Je ne peux en parler à personne.

l’accouchement : je n’ai pas encore commencer les séances de prépa et je ne sais pas encore ce que va dire ma neurochir, sur mes capacités… L’accouchement, comme une anesthésie générale, ça fait partie de mes grandes peurs de toujours. Je me rassure en me disant que j’ai survécu aux anesthésies et que l’accouchement, même si c’est effrayant, c’est le moment magique de la rencontre…

sa santé : normal, je pense à l’arrivée de mon bébé, peur qu’il aille mal, qu’il ait quelque chose, que l’accouchement se passe mal pour lui et pour moi.

mes capacités à m’en occuper : comment on fait si on sait pas faire ? si on a une question ? un doute ? comment savoir ce qui est bien ou pas ?

l’allaitement : j’ai décidé d’allaiter et je veux vraiment y arriver, mais peur de tout ce qu’on me bassine sur la question…

la peur de pas savoir faire

Je sais pertinemment que toutes ces questions sont tout à fait saines et normales. Elles ne gâchent pas ma grossesse, elles en font partie. Je suis à un tournant, dans l’attente de nouvelles étapes qui nous approchent de l’accouchement et c’est très troublant. Je suis pleine de questions, mais heureuse et impatiente aussi, je voudrais garder mon bébé encore longtemps dans mon ventre et j’ai hâte de le rencontrer. J’attends avec impatience mes rendez-vous à la mater et les redoute, je vis un peu au rythme de mon calendrier, des rendez-vous, des étapes, des bouées auxquelles m’accrocher…

Prochaines étapes en question : mardi, avec l’hémato qui va bien sûr me remettre sous Lovenox… mercredi, pour essayer une 1re séance de yoga femmes enceintes… Pour la suite, il me faut attendre début avril.

 

 

 

Et ta sœur ?

Ma soeur habite assez loin, on se voit une fois par an environ, on s’écrit, on se téléphone, on se sms… ça va bien comme ça…

ma soeur n’a pas d’enfants, en a longtemps gardé. C ‘était il y a longtemps…

ma soeur, de 5 ans mon aînée, a toujours voulu des enfants, n’en a jamais eu et n’en aura certainement pas. Ma soeur a tiré le mauvais numéro, son mec a refusé d’en avoir, elle est restée avec lui (faute de mieux ? par dépit ? Je n’ai jamais compris)…

ma soeur a une vie bien moins facile que la mienne, depuis toujours, ce qui m’a souvent fait culpabiliser… mais pour mpm, son bonheur on se le construit, on ne peut pas faire le bonheur des autres à leur place. Elle n’a pas eu de chance quand même…

ma soeur est venue ce week-end. Et comme dirait mpm, notre enfant à venir « c’est comme si c’était le sien ». Elle est dans tous ses états, ravie d’avoir bientôt un petit neveu. Mais c’est un peu comme s’il était déjà là. Son bonheur me fait plaisir et me fait peur aussi.

ma soeur est en effet accaparante, envahissante, débordante de gentillesse, mais aussi en besoin d’amour, d’affection, de reconnaissance et c’est un peu étouffant…

ma soeur est adorable mais aussi pesante par ce trop-plein sus-cité.  Et ça me fait une fois de plus culpabiliser : car si je suis heureuse de la voir heureuse, je trouve ça aussi lourd à (sup)porter. Il m’a fallu la modérer gentiment à coups de :

« tu sais il n’est pas encore né »

« attends, on n’y est pas »

« il faut qu’il arrive tu sais »

ma soeur est venue trois jours : « il fallait que je te voie enceinte » et ne m’a pas lâchée : sur l’allaitement « c’est bien pour le bébé », sur l’éducation « il faut les laisser pleurer sinon après ils font des caprices  » (ben non, un nouveau-né ne fait pas de caprice à mon sens, il exprime juste un besoin), « tiens regarde, ce sera bientôt toi ça », « il te faut le stérilisateur », « le baby phone c’est pratique »… bon j’arrête là, mais tout le week-end n’a été que propos sur la question.

Je suis restée zen, l’écoutant sagement en souriant, mais j’avais pas envie qu’on me dise quoi faire alors que mon bébé n’est pas encore né, alors qu’il peut arriver tant de choses…

ma soeur s’est occupée d’enfant, mais ne pouvait pas imaginer ma crainte, mes superstitions. A parler de lui, comme s’il était là, elle m’a redonnée des angoisses. Car si je suis super bien dans ma grossesse, j’ai toujours peur qu’il arrive quelque chose et je me dis chaque jour que rien n’est gagné, même si tout est en bonne voie, malgré tout, il n’est pas encore là.

Autour de moi, les gens sont aussi heureux que nous le sommes, mais ils n’ont pas ma petite appréhension. Et quand je l’exprime, il ne la comprenne pas, je le vois bien.

Et puis, j’ai envie d’être tranquille, avant, j’étais toute fière, maintenant, j’ai besoin d’être seule avec mon bébé. De profiter de ces semaines qui nous restent, liés l’un à l’autre comme nous ne le serons jamais plus. C’est tout simplement merveilleux et je voudrais passer mes heures à le bercer, à lui parler, à le caresser du bout de mon ventre.

Je commence à réaliser que lorsqu’il sera là, il sera dans le monde, avec le monde, non plus dans mon corps, au chaud en moi, contre moi, mais à la vue de tous. On va le porter, l’embrasser, le cajoler, on va lui sourire, lui parler, on va un peu me le voler. La seule chose qui me semble heureuse, c’est qu’il sera enfin contre son père, mais pour le reste, je ne suis plus si pressée. Ou si je le suis, c’est juste pour savoir qu’il est là, qu’il va bien.

ma soeur va revenir, ne va pas attendre un an. Elle a décidé sans me concerter de venir passer une semaine à la naissance. Elle avait même prévu la date ! Là, j’ai franchement mis des limites : parce ce qu’on ne sait pas quand il va naître et qu’il n’est pas question d’avoir quelqu’un à domicile quand on en sera à découvrir notre vie à trois. Nulle intrusion dans notre intimité nouvelle.

ma soeur est envahissante, adorable, mais quand même envahissante et moi, sur ce coup-là, complètement égoïste : c’est ma grossesse, tant attendue, et sûrement la seule, c’est mon bébé, sûrement l’unique, c’est ma vie, je n’en  ai qu’une et j’ai envie de la savourer sans entraves. J’en ai trop bavé ces dernières années.

Alors oui, elle viendra quelques jours, je ne peux lui refuser ce bonheur et j’en serai aussi heureuse, mais je ne veux pas me laisser envahir, ni par elle, ni par qui que ce soit.

Va falloir APPRENDRE LA DIPLOMATIE (et la patience, mais là, on a un peu d’entraînement avec la pma…)

Petit pincement pour ces messieurs

Capture d’écran 2014-03-04 à 17.13.38

Petit pincement au cœur aujourd’hui pour ces messieurs les hommes.

Ce matin, je suis allée à mon labo pour faire le test de la glycémie : le principe pour celles qui ne connaissent pas ENCORE : on fait une prise de sang à jeun + un pipi, on ingurgite ensuite un grand flacon de glucose, on attend une heure, on refait une prise de sans + un pipi, on re-attend une heure et on finit par une troisième prise de sang et un 3e pipi… On reste donc plus de 2 heures sur place.

Quand on reste si longtemps, on n’est plus dans la grande salle d’accueil où foule défile. On se retrouve dans un petit couloir où différentes portes donnent sur des petits cabinets de prélèvement.

Quand je m’installe, je réalise bien vite que les petits cabinets du fond sont destinés à ces messieurs les hommes pour leur prélèvement de sperme (le labo a une activité fiv). La biologiste leur dit bien à chaque fois de fermer à clé et je les vois ressortir avec leur petit flacon discrètement niché au creux de leur main. Précieux espoir… Eux, les hommes, je pense qu’ils n’ont pas fait attention à moi – ni à ma voisine – mais moi, j’ai eu un petit pincement au cœur, j’ai trouvé ça cruel qu’ils soient obligés de croiser des ventres ronds pour aller faire leur petite affaire.

Je n’ai plus osé levé la tête à chaque fois que l’un d’entre eux passait. ça m’a rendu triste, ça m’a rappelé tout ce qu’il faut endurer en PMA… J’espère qu’eux n’ont rien vu et n’ont pas été blessés. J’ai eu envie de le dire aux gens du labo, mais bon, je me fais peut-être un monde de pas grand chose… Ils ne réagissent peut-être pas autant que nous aux ventres ronds. Ils ne m’ont peut-être sûrement pas vue, (pré)occupés par l’exercice qui les attendait.

Chapeau les mecs. On endure beaucoup, mais vous avez aussi votre part, ne l’oublions pas…

Visite 6e mois, écho 2e trimestre

Voilà ce qu’on peut appeler une semaine bien remplie, heureuse et merveilleuse… Que je vais dérouler un peu en vrac, comme ça me vient.

Après avoir très modestement fêté mes 45 ans, événement de moindre importance comparé à la suite qui m’attendait, après avoir ensuite décliné, avec regret, un repas bampesque (mais j’ai bien fait, j’étais hs), nous avons eu, jeudi puis vendredi, ces rendez-vous tant attendus…

Visite du 6e mois à la maternité :
Conforme aux précédentes. Des bilans positifs, parfaits. Tension, col, urines, thyroïde, tout était ok. Poids : + 1kg, dans les normes. Même le fer que je pensais un peu faiblard, ne l’est pas tant que ça. Battement de cœur parfait, à 140. Petite nouveauté : mesure de l’utérus. Conclusion du gyné : il n’est pas petit votre bébé… Bon. Une amie me dira que ça ne veut rien dire. Grand ou petit, ce qui m’a touchée ce sont les « votre bébé ».

J’ai aussi le feu vert pour faire du yoga et/ou de la natation prénatale (j’ai des cours à 20m de chez moi), je vais aussi arrêter l’Aspégic qui dans mon cas était surtout maintenu pour aider à prévenir un éventuel retard de croissance. Je dois par ailleurs mettre des bas de contention (et non des chaussettes, pas suffisant) et je n’échapperai pas d’ici un mois au retour du Lovenox dans ma vie.
On est sortis le sourire au lèvres.

Vendredi, écho du 2e trimestre
Dans ce magnifique cabinet du 16e arrondissement, où en mai dernier j’avais rendez-vous avec une gyné spécialisée pour qu’on me retire un polype…
J’ai beaucoup aimé cette écho, parce que nous étions très détendus et elle a pris son temps pour bien nous montrer les images, pour nous expliquer, même si c’était avec des termes un peu trop techniques, mais on a tout bien suivi. Tout va bien là aussi. Son petit profil m’a fait verser quelques larmes d’émotion, mpm, lui, a passé beaucoup de temps à prendre des photos, filmer. Je me demande si on est autant dans l’émotion quand on se consacre à capturer des images. Mais c’est son truc. Nous avons eu aussi droit à quelques belles images en 3D, dont une, bouche toute ouverte et c’est complètement fou.
Bébé donc va bien, il est plutôt menu, mais dans les normes, il pèse 640 g et mesure 24 cm environ.

Je sors de ces examens toujours abasourdie. Je crois que dans mes rêves, c’était beau, mais c’était des rêves. En vrai, c’est juste du bonheur à l’état pur. Incomparable et quasi indescriptible. Il y a des années que je n’ai pas connu telle félicité. Et ça me fait un peu pleurer toute cette chance, toute cette joie qui nous accompagne dans une grossesse jusqu’à présent idyllique.
Avec le gyné (sur lequel je commence un peu à fantasmer : j’y reviendrai), on a d’ailleurs évoqué le premier rendez-vous que nous avions eu il y a presque un an pour que j’obtienne de lui un feu vert pour la fiv. Il m’avait mis en garde, prévenu de tous les risques. Et là, maintenant de me dire :
 » à ce stade, vous avez passé tous ces risques des débuts de grossesse, maintenant votre bébé devient viable » (ah, moi je trouve que c’est un peu tôt, mais s’il le dit : waouh ! »).
Enfin, encore beaucoup de précautions à prendre en ce 6e mois.
Au quotidien, c’est tout aussi idyllique, à part mes insomnies, mes réveils fréquents (j’entame une cure d’euphytose), je n’ai aucun souci (même pas d’hémorroïdes, c’est dire)…

Que du bonheur donc, en ce 1er mars, jour anniv de mon petit mari. Que je n’ai pas couvert de cadeaux comme j’aurais voulu. Juste l’un de ses parfums (Tam dao de Dyptique) et quelques broutilles symboliques, un Cd de jazz (Youn Sun Nah, chanteuse coréenne à la voix superbe) et ces deux petits livres : quelques morceaux de littérature (Gide, Hugo, Alain, Maupassant) sur le bonheur et quelques images pour sourire, car je sais qu’il sera un père merveilleux…
Voilà, nous partons pour un petit we en (belle) famille pour fêter tout ça !

Avec une pensée pour Lulu…

Image 10Image 11