1 mois et 6 jours

bb

J’ai bien pensé venir ici à plusieurs reprises. Tant de choses à dire. Tant de sentiments à décrire. Mais le temps a manqué et la fatigué a tout supplanté.

Voilà que je refais tout de même un peu surface. Bien plus à même d’écrire de jolies choses sur la maternité, après un post déprimant. Mon petit garçon a aujourd’hui un peu plus d’un mois. Et c’est un adorable bébé qui se porte bien. Les visites à la pmi le confirment si jamais j’en doutais. La pmi, voilà un truc que j’ai découvert et que je trouve génial pour toute maman qui n’y connaît rien à rien. Infos, conseils, réconfort, gentillesse. Merci aux dames de la pmi d’être à mon écoute sans jamais me faire culpabiliser. Pleines de bienveillance et de douceur. Et bien mieux que le pédiatre qu’on a vu (lui, je vais pas le garder c’est sûr…).

Sinon, j’ai mis fin à l’allaitement au sein après avoir attrapé une mycose hyper douloureuse. Je n’en suis pas encore sortie d’ailleurs, mais j’ai moins mal. Donc, il m’aura fallu tirer mon lait et le donner au biberon. J’aurais pu continuer jusqu’à la guérison et reprendre le sein ensuite, mais comme j’ai commencé à donner des biberons en complément, et que les choses se sont beaucoup simplifiées, j’ai préféré peu à peu arrêter. Il aura eu un mois de mon lait et maintenant semble se régaler de biberons (6 à 7 par jour, de 100 à 120 ml). Les journées, depuis se sont plus organisées, avec un rythme de bib toutes les trois heures environ. Certaines nuits, il espace de 4, 5 heures et c’est le rêve (impression de faire des nuits entières). Bon, il y a bien sûr les petits soucis de digestion qu’on n’avait pas au sein mais rien de grave apparemment… On ne peut pas tout avoir.

Quant à moi, aujourd’hui je peux en parler plus sereinement, mais arrêter l’allaitement m’aura causé une grande peine avec beaucoup de pleurs. Un déchirement. La relation était très forte. En même temps, je sentais que le père était exclu et ça m’ennuyait aussi. Mais j’ai connu de grands moments de connivence avec mon bébé. Nous endormir ensemble l’un contre l’autre, des échanges de regards inoubliables. C’était très très beau mais malheureusement trop douloureux. Voilà qu’à l’écrire, les larmes me montent encore aux yeux. La douleur n’est pas complètement passée on dirait. Allez ouste, on n’y pense plus.

Autour de moi, on a redoublé de gentillesse pour que je ne culpabilise pas que ce soit ma famille, mes amies ou à la pmi. Et de fait, je ne culpabilise pas vraiment. Ce qu’il a eu, c’est déjà ça. Mais j’aimais allaiter tout simplement.

Si je ne l’ai pas encore dit, il est temps : mon enfant est une merveille. Un trésor de petit trésor. Il a les yeux encore bleus (il a mes yeux, dit ma bm alors que j’ai les yeux verts (et notre donneuse aussi)), ses petits cheveux ont viré du brun au roux/châtain, il n’est ni mince, ni dodu, juste bien. Il a une jolie peau un peu abricotée mais qui a tendance à s’éclaircir. Il est, je trouve, très éveillée, regarde beaucoup autour de lui, préfère être face au monde que le nez collé sur les seins de sa mère. Il est très tonique, je suis étonnée de la force qu’il peut dégager. Depuis quelques jours, il change, il commence à babiller, à regarder ses mains, et le plus beau : à faire des sourires. Autant de moments savoureux qui vous fondre de bonheur… Là aussi, des larmes, mais de bonheur !

La vraie vie, celle qui m’est offerte aujourd’hui, est incomparable avec tous les rêves que j’ai pu me fabriquer. Et il y en a eu des rêves. Je me rappelle ces jours de tristesse où je m’imaginais embrasser petites mains et petits pieds. Comme je regardais avec envie les parents de nourrissons… Pouvoir le faire, avoir un enfant en bonne santé, c’est juste la plus belle chose au monde.

J’ai lu des articles très beaux (dont ceux d’Irouwen qui sont tous magnifiques, et plus récemment celui de Boule de mousse je crois) qui parlent si bien de leurs petits. Moi, j’ai l’impression que je ne sais pas trop le faire. Je n’arrive pas vraiment à exprimer ce que je ressens. C’est plus facile à vivre qu’à dire… Mais je souhaite à toute pmette encore à quai de faire cette incroyable rencontre. Sentir un petit être grandir en soi et le voir un jour posé sur son ventre. Moment inoubliable qui vous inonde.

Bien sûr, il y a le bouleversement que j’ai décrit précédemment et la fatigue quotidienne qui reste bien présente, c’est aussi une façon de vivre complètement différente et il faut s’en rendre compte et s’y faire. Dur de laisser son indépendance, sa liberté et de comprendre que désormais, lui passe avant nous. J’avoue avoir eu un brin de nostalgie, mais c’est fini. J’ai compris et j’adhère totalement à cette nouvelle vie qui ne sera plus jamais de tout repos. Mais aussi parce qu’après un mois, on s’organise mieux, je comprends mieux mon enfant, j’ai pris de l’assurance et je peux profiter bien plus pleinement.

Nous passons le mois d’août à la campagne, la verdure et le calme me font du bien. J’apprécie moins d’être tributaire de la vie de famille avec une belle mère adorable mais âgée et son mari qui ont leurs petites habitudes et petites histoires qui sont toujours les mêmes. L’impression de pas assez profiter de la vie à trois avec mpm. Mais bon, je passe outre, trop contente de profiter de mon trésor qui m’accapare et ça m’arrange bien.

Fin août, en rentrant à Paris, j’aurai ma visite des 6 semaines à la maternité, avec mon super gyné. Sûrement ma dernière visite avec lui. Snif. J’ai un peu hâte de savoir si tout est rentré dans l’ordre dans mon corps car je ne m’y sens pas encore bien. Il me faudra aussi me lancer dans la rééducation du périnée. Trouver quelqu’un de bien. Encore une autre histoire…

Voilà quelques nouvelles un peu en vrac. Rédigées sur plus jours j’avoue car j’ai quand même bien du mal à trouver un long moment tranquille. Mais là, petit trésor dort à mes côtés (il ronfle tiens, doit avoir le nez encombré) et je termine enfin ce deuxième post de maman…

Une tendre pensée à toutes les pmettes sur le chemin. A celles qui sont montées dans le train comme Dame Lapin, à celles qui galèrent encore et encore et celle que je peux voir dans la vraie vie et que j’ai hâte de retrouver d’une manière ou d’une autre. Je ne vous oublie pas.