Il y a un an…

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La tentation est grande de se faire plaisir à se remémorer le début d’une belle histoire.
Mais je ferai bref :
il y a un an nous partions pour Brno et très honnêtement je pensais qu’il y aurait plusieurs tentatives. Mais non. notre petit trésor est là. Un vrai miracle et je savoure chaque seconde ce bonheur immense.
Hier nous avons payé néanmoins reprofit pour conserver une année supplémentaire notre embryon resté là-bas. Impossible pour moi de m’en séparer.
J’ai du chemin à parcourir…

Mais je ne veux pas faire ici un pèlerinage dans le passé. J’ai envie de profiter de cette date clé pour évoquer, non pas mon parcours Pma, allez, il est derrière, et somme toute très court, mais mes belles rencontres.

Ma première pensée en ce jour particulier va à lily la cigogne que j’ai rencontrée là-bas et qui malheureusement attend toujours son petit amour. Je ne trouve pas les mots, là, parce que mon cœur se serre. Parce que j’ai été gâtée et pas elle et ça me semble juste trop injuste…
Je pense aussi à Lolo et à lulu parce qu’elles en ont bavé sacrément et aujourd’hui elles sont toutes deux montées dans le train alors qu’elles cheminaient parallèlement vers le deuil.
Il y a aussi toutes celles que j’ai suivies, parfois rencontrées, celles qui sont devenues parfois des amies. Et quasi toutes sont maman. C’est juste fou.
Fabienne, Elm orme, coco, lili, plume, Sienna, Chris, mirando, Irouwen, Marinette, (et j’en oublie désolée)
Il y a aussi ces rencontres plus récentes entre parisiennes, un petit groupe de jolies nanas qui se soutiennent autour d’un dîner, d’un apéro, d’un goûter. Avec des jolis mots, des sourires, beaucoup de bienveillance .
A l’image de ce que l’on peut vivre via les blogs Pma.
Beaucoup beaucoup de belles rencontres.
Voilà, c’est juste ça que j’ai envie d’évoquer sur mon blog un an après.
Mon parcours est terminé. Ce blog un jour sera fermé, mais il restera ces amitiés.
Alors j’ai envie de dire merci à la Pma qui m’aura permis d’avoir mon enfant, mais aussi de rencontrer des filles superbes et
Comme dit lulu
Vive le don !

Nostalgie

façon dessin

Ce mot ne devrait pas faire partie de mon vocabulaire, il est même presque insultant, c’est vrai pour toute pmette encore sur le chemin qui viendrait me lire ici.
Nostalgie, c’est pourtant le mot qui me vient à l’esprit pour qualifier l’état dans lequel je me trouvais la semaine dernière.

C’est à la sortie de ma dernière visite à la maternité, visite des 6 semaines post-natales, avec mon beau gynéco que m’est venue cette petite nostalgie, ce petit pincement au coeur. Car l’épisode grossesse est terminé et il n’y en aura sûrement pas d’autre. C’est une des plus belles périodes de ma vie. Et j’y pense toujours avec émotion, bonheur intense. Mais une page se tourne, maintenant, je suis maman…

Dernière attente, donc, parmi les femmes enceintes (toutes avaient des ventres bien ronds), avec pour nous une poussette à nos côtés. Le rendez-vous s’est bien passé. La cicatrice de mon épisio est bien fine et belle comme tout et tout est rentré dans l’ordre. Bon, à part le périnée, pas du tout en état de marche, je le sais bien, j’ai des fuites à tire larigot…
On a fait un petit point sur l’accouchement. Je lui ai dit que ça me gênait que le personnel parlait un peu en catimini, genre, faut pas l’affoler, mais que je voyais bien que ça se goupillait pas très bien… Il n’a pas relevé, ou plutôt dit que normalement, les choses sont dites.. Bref, j’ai appris que le travail avait duré 45 mn, que c’était bien car on avait essayé d’aller au bout, mais bon, les forceps, ont fini le boulot..
Le plus émouvant pour moi, c’est le rire de doc gyné, un peu rouge, sidéré :  » vous aurez déjoué tous les dangers, on craignait un prématuré, préclampsie, etc…  »
Je me suis sentie fière et heureuse d’avoir été la preuve vivante qu’à 45 ans, on peut avoir une magnifique grossesse ! (bon, c’est peut-être rare). Merci au bon Dieu de nous avoir protégé, mon enfant et moi.

Voilà, maintenant, je vais me lancer dans la rééducation du périnée et clore ainsi complètement ma grossesse.
Et c’est un cap à passer.
Je réalise que beaucoup de choses ont changé.
Je réalise que jamais je ne m’étais aussi sentie femme qu’en étant enceinte. J’étais vraiment très épanouie (et le suis toujours) et quelque chose a grandi en moi. Comme si, enfin, je prenais le statut qui est le mien, comme si je laissais le petite fille que j’étais pour être enfin, la femme, puis la mère.
On n’a guère le temps de penser à tout cela lorsqu’on doit pouponner, mais quand on peut se poser deux minutes pour prendre un peu de recul sur cette nouvelle vie, on réalise alors combien de chemin on a parcouru. Pas seulement celui de la pma.
Aujourd’hui, je suis la même qu’hier, mais il me semble que je suis autre aussi.
Plus forte et décidée, dévouée à mon enfant bien évidemment, responsable. Je sens que ma vie est importante, que je dois la préserver, non plus pour moi-même mais pour mon bébé qui a besoin de sa maman pour grandir, tout comme son papa. Et c’est un poids et un grand honneur que la vie nous accorde.

Si la semaine dernière j’étais donc nostalgique de cette grossesse terminée, aujourd’hui, peu à peu, je prends confiance, et conscience, de la maternité. C’est quelque chose d’immense que je suis bien en peine de décrire qui me rend profondément heureuse, comblée.

Il faut dire que j’ai aussi la chance d’avoir un petit trésor en parfaite santé. Qui dort bien, mange bien, sourit dès qu’on le change, sourit à qui lui sourit, regarde tout autour de lui.
Il a eu deux mois hier, je lui ai offert un joli tapis d’éveil Moulin Roty.
On me dit sans arrêt : tu vas voir comme ça passe vite. Et je le crois volontiers.
Car j’ai aussi un peu la nostalgie de son premier mois, quand il était collé à mon sein (on oublie vite les douleurs avec le temps. Les souvenirs sont sélectifs et c’est pas plus mal).
Mon bébé est un amour, une merveille et je me régale, je profite de chaque instant.
ô, bien sûr, il a ses petits soucis, mais vraiment petits. Il y a eu le lait, mais on trouve le bon dosage à force. Maintenant, je dois gérer un petit nez encombré qui le réveille au petit matin. J’appréhende les vaccins la semaine prochaine. Je dois me faire à l’idée qu’il va avoir ses maladies, ses douleurs, mais c’est très dur, car les quelques cris de douleur que j’ai pu vivre me brisent le coeur et me font pleurer aussi (bravo la mère qui assure…) mais on finit quand même par prendre sur soi et trouver la force de réconforter, câliner et agir pour soulager. Je ne sais, mais j’ai l’impression qu’on a comme un instinct qui nous permet d’assurer. Pourtant le premier mois, je pensais plutôt le contraire. Ou alors on apprend très vite.

Il est certain en tout cas qu’un enfant nous apprend beaucoup. Et nous fait évoluer.
Je reste persuadée qu’il n’y a rien de plus beau au monde !

Et je souhaite à toutes celles et ceux qui sont encore dans ce long parcours pma d’aboutir. J’ai envie d’insuffler de l’espoir car j’y crois ferme, depuis que je suis en pma et sur les blogs, presque toutes les filles que j’ai connues et avec qui j’ai échangé ont aujourd’hui un enfant, voire deux ou trois ! C’est émouvant quand j’y pense. Mais il faut tellement de patience, tellement endurer. Mais bon sang, ça le vaut tellement. Là je me répète c’est sûr. Je ne me le redirai jamais assez.

 

Et puis une petite dédicace à Fabienne, ma première copine pmette, aujourd’hui grande amie et qui va bientôt devenir maman.

La vie nous a accordé d’aboutir ensemble. Et c’est une immense joie !  je lui souhaite tout le bonheur du monde.

2014-09-03 16.04.25