Se rappeler ces moments-là

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Bientôt 11 mois et dans la foulée, bientôt 1 an… Déjà… Et tant de choses nouvelles qui se succèdent, que l’on voudrait ne jamais oublier. Je ne prends pas assez le temps ces jours-ci de noter dans ton cahier tous tes progrès mon bébé… Mais chaque jour avec toi est une fête. Malgré la fatigue et tous les soucis autour. Tu rayonnes et illumines mon coeur…

Avant que je n’oublie tout, voici quelques nouveautés de ces derniers 15 jours que je mettrai dans ton carnet :

Côté santé

• L’apparition de deux dents en haut et une 5e, toujours en haut, s’annonce me semble-t-il : difficile d’y aller voir

• Toujours ce raclement (gorge/nez/digestion?), poumons un peu pris a dit l’ostéo qui a travaillé dessus. Hélas je n’en vois pas encore les effets… Mais c’est pour le moment sans inquiétude puisque tu dors bien, manges, joues, ries, vas bien.

• Physiquement, tu es un magnifique bébé, au visage rond, aux joues bien rebondies et aux yeux d’un bleu irisé virant au gris. Tu as la peau claire, des petites jambes potelées, des cheveux dorés, si doux, qui poussent et tombent maintenant un peu sur les yeux (ton père ne veut rien encore couper) et on te prend parfois pour une fille ! Se dessine chaque jour un peu plus le visage d’un petit garçon…

 Alimentation

• Tu as goûté ton premier quignon de pain, sans plus. Tu as bon appétit mais tu restes à la purée bien mixée et les desserts, ça dépend des moments. Tu refuses toujours biscuits et tout ce qui est solide… Tu ne sembles pas aimer tout ce qui est blé, pâtes… Côté biberons : 270 ml le matin, 240 le soir + 210 au goûter lorsqu’on est ensemble (au lait épaissi Galliagest).

Motricité 

• l’acquisition de ces nouveaux gestes nous a fait fondre avec ton père : les marionnettes, c’est tellement mignon, surtout quand tu regardes ta main bouger, sourire aux lèvres, émerveillé. Dans la foulée, tu as commencé à pointer du doigt et depuis tu n’arrêtes pas. Tu commences à faire au revoir de la main, mais c’est encore une esquisse. Et ce nouveau geste qui nous fait tant rire – et je pense n’appartient qu’à toi – : taper la paume de la main gauche avec l’index de la main droite (ou inversement, j’ai un doute). On a l’impression que tu es droitier, mais c’est un peu tôt peut-être pour le déterminer et qu’importe !

• Si tu te mets debout debout depuis tes neufs mois, là, tu commences à te lâcher et à tester ton équilibre : tu as tenu 2 secondes seul. Tu essaies aussi de te mettre debout sans appui en poussant sur tes jambes.

• Tu es plus rapide et plus habile à te lever, te rasseoir, te retourner. Et tu adores « sautiller dans ton lit » : quelle énergie !

• En revanche, tu n’esquisses pas de pas

• Et reste de moins en moins en place sur ta table à langer, dans ta poussette (si on est à l’arrêt), dans ton transat sauf si tu es ko, comme souvent après la crèche.

• Tu ne cherches pas à manger avec ta cuillère, ni à boire seul. Je propose régulièrement, mais c’est sans effet. Aucun intérêt quand on est si bien servi n’est-ce pas 😉

Jeux

• Jeux de balle : je te la lance, tu me la renvoies, ça te fait rire, mais ne dure pas encore bien longtemps. Tant à faire par ailleurs…

• Remplir / vider : tu manifestes un vif intérêt et une grande concentration à mettre et à retirer les éléments dans une boîte, à faire passer les choses à travers les barreaux du parc, mais le must, c’est jeter par terre et te pencher pour voir l’effet obtenu.

 • Tu as désormais une habileté plus grande pour appuyer sur les puces de tes livres à sons, même si tu sais faire depuis longtemps

• Tu fais les marionnettes dès que tu entends une chansonnette et surtout la chanson des marionnettes bien sûr…

• Tu as fait ton premier tour de manège, avec nous. Mais ce que tu aimes, c’est surtout les lumières, les sons, les autres enfants, tout ce qui bouge, vibre, vit.

• Les jeux de cache-cache restent un jeu favori : tu adores te mettre la couverture devant le visage et il faut que je dise « mais il est où ? Ah ! il est là  » éclats de rire assurés !

Langage

• Tu as de nouvelles intonations dans la voix, très reconnaissables, pour attirer l’attention et nous montrer quelque chose, pour nous interroger (ce ton interrogatif me fait fondre), pour désigner. On commence vraiment à être dans l’échange.

• Ton « mot » préféré reste « ADA ». Toujours pas de mots, même s’il y a eu des esquisses de « maman ». Pourtant qu’est-ce que tu es bavard et tu aimes bien crier aussi !

Communication / échanges

• Tu es très attentif et l’on sent que tu écoutes, que tu enregistres. Ton regard, ton visage expriment bien cette concentration

• A table, le soir, tu aimes regarder notre calendrier mural que j’ai fait avec des photos de toi, et on en parle : « oui, là c’est toi, là c’est papa »… Tu me le désignes à chaque fois en me demandant de te raconter.

• Tu as cette façon nouvelle de t’installer et de prendre un livre, de me le donner pour que je le lise. C’est un rituel du matin, après le bib, et du soir aussi après le bib, plus longuement, avec des histoires, des chansons, des mots de maman à son enfant. On prend notre temps.

• Il y a eu cette imitation incroyable qui m’a surprise : je me cachais derrière l’un de tes jouets en baissant la tête, et quand je l’ai relevée, tu as fait de même et moi d’être sidérée, hilare, fière, gaga ! Un nouveau jeu entre nous depuis. Et surtout une première imitation en direct !

• Tu as cette façon coquine de te retourner pour me regarder quand tu vas attraper quelque chose pour vérifier ce que je vais dire, si tu peux ou non le faire. Et si c’est non, tu rigoles, et tu veux encore plus ! C’est un jeu. Seule solution : te détourner de l’objet convoité, bien sûr toujours plus intéressant que tes jouets. Mais je note que tu as de la suite dans les idées et qu’immanquablement tu y retournes…

• Ce dimanche 24, surprise et émotion au petit matin : tes premières caresses sur mon bras, un peu malhabile cette petite main, mais caressante assurément. Ce câlin où tu étais à plat ventre sur mon ventre, tranquille (rare), a été joliment couronné de douceur.

• Dans un autre style d’échange : ce même dimanche tu m’a aussi mordu pour la 1re fois au poignet, légèrement

• ces pleurs lorsque je m’éloigne, je sais que c’est passager, je te rassure autant que je peux

• cette façon nouvelle de t’accrocher à moi (j’adore !)

• Tout ce qui est exagéré de ma part, mes bêtises, si je fais tomber quelque chose, mes exclamations, mes éternuements te font rire. Tu aimes aussi quand ça bouge, et « la petite bête qui monte qui monte qui monte »…

• Ton intérêt grandissant pour ton père. Touchant. Quand tu tends les bras.

• Tu cherches le chat quand je te demande où il est, et c’est là que je vois ô combien tu comprends les choses…

EN SOMME , TU ES UN BÉBÉ JOYEUX, DYNAMIQUE, PLEIN DE JOIE DE VIVRE ET DE CURIOSITÉ.

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L’enfant rêvé, l’enfant réel

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Parce qu’il m’arrive d’être déroutée face à mon enfant, on m’a gentiment rappelé qu’un enfant, ce n’est pas du tout rose tous les jours et qu’il n’est pas forcément celui qu’on a imaginé, qu’il y a un monde entre l’enfant rêvé (et ô combien) et l’enfant réel.

Ce qui m’a fait réfléchir. Et revenir un peu en arrière.

Car c’est vrai qu’avant, il n’y a pas si longtemps, je ne pensais pas rhino et autres maladies, je ne pensais pas à l’enfant qui pleure, qui a mal, qui ronchonne, qui crie, qui se débat, qui s’affirme. Et encore je n’en suis pas à cet âge où  » il faut prendre des forces, hein, parce que quand ils se mettent à marcher… » Oui, ils veulent tout toucher, ils tombent, il se mettent aussi à s’affirmer, bref ils grandissent et c’est pas simple (mais pourquoi personne ne parle de tout le bonheur que l’on a aussi à découvrir leurs progrès : premiers pas, mots, etc. ?)

Avant, donc, je pensais – je rêvais plutôt – aux sourires craquants, aux petits pieds que l’on caresse, aux joues rebondies, au regard clair, aux câlins, aux odeurs… à tout ce qui nous fait fondre de bonheur.

Je rêvais de ça et honnêtement, maintenant je le vis aussi et c’est incomparable. Cet enfant rêvé existe donc, mais en mille fois mieux. Mais il y a aussi cet enfant réel, c’est vrai.

Et j’avoue, j’étais pas mal perdue au début, quand il a commencé à être malade, avec sa première fièvre vers trois mois, ces soins qu’il faut donner. Mais aussi avec les contraintes au quotidien, les obligations, les inquiétudes, la fatigue, les doutes… Maintenant, tout va beaucoup mieux, je suis habituée à cette « liberté » perdue, je me régale de m’occuper de mon enfant et je sais qu’il y aura des jours sans, des jours heureux et des heures d’angoisse. L’enfant réel prend toute sa place.

Je commence aussi à assimiler que mon bébé n’est pas moi mais une personne à part entière avec ses besoins, ses peurs naissantes, mais aussi sa joie de vivre, sa curiosité insatiable et son caractère qui se dessine. Je pourrais rêver d’un enfant tendre et poète, mais il sera peut-être frondeur, ou les deux, selon les heures. Il faut accepter ce qu’il est, ce qu’il devient. Il est une personne. Qui voudra peut-être faire de la boxe alors que je déteste ça, qui n’aimera pas forcément tout ce que je lui ferai découvrir. Et qu’elle que soit cette personne et le caractère qu’il a/aura, il sera toujours mon enfant et mon amour sera toujours aussi grand et inconditionnel. Alors tout va bien !

Pour l’heure, tout comme lui, je fais l’apprentissage de la séparation, nous ne sommes pas un. Je le sais fondamentalement, contrairement à lui, mais le sentiment était autre. Il y avait – il y a encore un peu –  un truc viscéral en moi qui me relie à lui.

J’apprends donc chaque jour notre autonomie. Mon rôle est de le guider, de le rassurer, de l’accompagner sans le laisser tomber ni l’étouffer. Être là, juste ce qu’il faut, comme il faut. Vaste mission. Je sais au fond de moi, qu’il y a encore un petit travail à faire pour me « détacher ». Un travail essentiel pour lui, pour moi. Mais en même temps, je me dis que c’est normal d’être aussi encore unis. Il n’a que 10 mois et nous avons beaucoup à partager, ce sont des moments uniques. En grandissant, ses besoins seront autres. Mais là, nous sommes encore dans la douceur des échanges.

D’ailleurs, c’est drôle que j’évoque tout ça, car en ce moment, à la crèche, il s’accroche à moi comme à une bouée. Vers 8 mois, il pleurait un peu quand je partais et puis très vite, c’est passé. Depuis 10 jours, il recommence, sauf que maintenant il sait s’agripper à moi, et c’est un peu terrible car j’ai très envie de le serrer dans mes bras. Je lui fais un énorme baiser, je le mets dans les bras de la puer, on se dit au-revoir, moi avec des grands sourires, je lui dis que je le retrouve ce soir, je lui souhaite une bonne journée, l’invite à faire une bonne sieste et évoque nos retrouvailles dans quelques heures.

Même si je prends de plus en plus confiance en moi, il s’en faut peu pour que je retombe dans le doute, l’incertitude, le sentiment de n’être pas suffisamment à la hauteur.

La semaine dernière par exemple, il a fait un début de bronchiolite, si léger que la pédiatre a failli ne pas le percevoir. Elle  a même hésité sur le traitement. Finalement, après trois jours de corticoides, je devais passer à la ventoline si nécessaire. D’abord, j’ai vraiment flippé aux mots « bronchiolite », « ventoline »… (alors qu’il a presque rien… hum). Puis j’ai douté de moi : comment savoir/décider si je devais passer ou non à la ventoline alors que la pédiatre avec son  stétoscope avait elle-même du mal à entendre quelque chose… Conseil pris auprès de ma cousine, la toux étant quasi passé, j’ai pris le parti de ne pas passer à la ventoline et d’aller voir aussi l’ostéo (histoires de régurgitations en plus, qui sont liés à ce problème, bref.)

Tout ça pour dire qu’au moindre petit hic, je retombe facilement dans le doute et l’angoisse. Heureusement, j’arrive à trouver de l’aide, des ressources pour ne pas être une maman complètement stressée, et heureusement aussi, j’ai un bébé peu malade, pas pleureur, facile et joyeux à vivre.

Alors oui il y a un monde entre l’enfant rêvé et l’enfant réel, mais quand même, qu’est-ce que c’est meilleur le réel.

Je pense bien sûr en écrivant ces mots à celles qui n’ont d’autre choix que de rêver pour le moment et espère tant…

« Laissez-le donc pleurer »…

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Ce week-end, nous l’avons passé dans notre maison de campagne qui est encore un peu celle de belle-maman qui chaque année y prend ses quartiers d’été. Belle-maman, je l’aime bien, mais elle est loin d’être une mère poule, une maman gâteau, une grand-mère gaga. Elle est aussi d’une vieille génération qui veut que les enfants se taisent à table, voire mangent avant les adultes, restent sages et obéissent au doigt et à l’œil. Du bon dans cette éducation qui enseignait « les bonnes manières », mais quand même d’un autre temps. Depuis, il y a eu Dolto, Montessori et aussi beaucoup de choses, bien et foireuses. Mais là n’est pas mon propos.

Ces 4 jours avec BM m’ont usée. M’ont fait douter de moi-même, m’on fait craindre que mon enfant devienne une terreur parce que je ne saurai pas l’élever…

Comprenez, pendant 4 jours j’ai entendu :

« Ah mais il faut être ferme vous savez« 

« S’il est infernal ce sera de votre faute » (pas celle de mon mari bien sûr)

« Faut les éduquer ces bêtes-là » (grumpf, je vais mordre)

« Faut pas vous laisser faire » (là n’est pas la question)

et puis aussi :

« Vous le couvez trop« (nan, je l’aime et lui témoigne mon amour et mon affection : vous savez pas ce que c’est)

« Vous pouvez me le laisser, je peux le garder (mouaif, bof, pas envie…),

« Lâchez-le un peu, vous avez peur de quoi ? » (de rien, enfin si, si je vous disais…)

Je le laisse finalement 10 mn pour aller faire une course, et je retrouve mon fils dans son parc, intact, mais devant la télé : ah bah oui, c’est facile comme ça… bon, allez, je fais pas ma mauvaise tête, je préfère ça à pire.

« Faut pas lui transmettre votre anxiété hein » (ah oui, vous savez pas : on a des soucis, mais ça, ça vous dépasse, vous ne vous inquiétez pas, vous)

« Il est toujours dans vos bras, c’est pas bon, il s’habitue »  (ah oui ? et si j’ai envie qu’il soit dans mes bras : je le vois deux heures en semaine ! Et je le pose où ? toute la journée dans son parc ou la chaise haute ? Il pleut comme vache qui pisse et son père le garde 2 mn dans les bras guère plus, je fais comment ?)

la meilleure :

« Laissez-le donc pleurer »

Ben non. Pas question. Et s’il pleure comme ça, c’est pas dans son habitude. C’est parce qu’il est pas rassuré, surtout quand on l’agresse parce qu’il s’exprime un peu trop fort, qu’il est pas chez lui et qu’il y a tout plein de têtes nouvelles. C’est un tout petit de 10 mois. Bon, j’en oublie, du même acabit. Mais j’étais folle. Mon mari, me dit de laisser pisser, de pas faire attention. Qu’elle est d’un autre temps. J’essaie, mais ça me touche, parce que je suis sensible et qu’elle l’est pas. Parce qu’on a rien à voir en matière de maternité. Et puis, malgré tout, elle me distille un doute, à une période où mon bébé change, à une période où je commence les « non ». A une période où il est très actif/excité/voire nerveux.

Alors moi je me demande :

est-ce accentué là en ce moment, par le we de 4 jours qui a fait un gros changement ?

est-ce parce qu’il découvre toute sa mobilité et ses capacités nouvelles ?

est-ce que nos soucis l’atteignent ? Puisqu’on dit que les enfants sont des éponges ?

est-ce tout bêtement normal pour un enfant de cet âge ?

A côté de ça, il se marre tout le temps, il a l’air joyeux. Mais il ne tient pas en place. Même quand on lit une histoire, alors qu’avant si.

Je vais voir ce soir, après qu’il ait repris son rythme crèche…

D’autant qu’il y a d’autres petits signes qui me rassurent pas : se cogner la tête, se tirer les cheveux, une toux ponctuelle.

Bref, besoin de soutien et d’y voir plus clair. Pédiatre demain.

Voilà, Marinette, tu vois on a toujours un sujet d’inquiétude ! Et je sais que bien d’entre vous lectrices, aimeraient avoir ces inquiétudes là…

Mais là, j’avais besoin de parler de ce week-end que j’ai trouvé franchement pourri, même si j’ai adoré câliner mon petit trésor, et de mes petits sujets d’inquiétude, peut-être rien, j’accentue tout peut-être en cette période difficile…